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lundi, 29 mai 2006

Mon 29 mai

Comme tous les dimanches électoraux, il faut que je m’occupe, que je sois assesseur, que je tienne un bureau de vote. Cela a plusieurs avantages : sentir le pouls des votants, discuter avec de vieilles connaissances, tisser des liens avec l’opposition municipale et départementale.

Le dimanche 29 mai, j’étais chargé, en plus de ces activités - classiques, de faire le tour des bureaux de vote des communes de Nemours et de Saint-Pierre. J’ai donc suivi les indications de la Fédération de Seine-et-Marne du Parti Socialiste. Nous étions pour le « oui ».

Pendant la campagne, je m’en suis tenu à ma position de départ. Fabiusien pour le « oui », cela existe-t-il ? Assurément ! Les arguments que Laurent ou Jean-Luc développait n’avaient que peu de prises sur moi. J’appréciais la rigueur de Laurent. Quant à celle de Jean-Luc, c’était autre chose, mais, on l’avouera volontiers, il est un tribun d’exception…

Ce dimanche, j’ai fait un petit sondage. Dans les bureaux de vote de Nemours dont tous les présidents étaient socialistes, je leur ai demandé de faire des estimations. Parmi les conseillers municipaux, la quasi-totalité de notre groupe majoritaire de gauche voteraient « non ». La droite, elle, était résolument dans l’autre camp (mon camp en fait). On comptait donc un petit tiers d’assesseurs pour le « oui ».

Le présage n’était pas bon. Ce qui m’a étonné, et réjoui, en même temps, ç’a été de voir se déplacer tant de personnes qui ne s’étaient pas rendues aux urnes. On a dû expliquer à un nombre assez important qu’ils n’étaient plus sur les listes parce qu’ils avaient raté les rendez-vous électoraux depuis trop longtemps.

La participation était forte. Les couches les plus abstentionnistes étaient là. Quand le maire de Nemours, mon ami et camarade Jean-Pierre Béranger, est venu voté, nous avons longuement discuté. Il craignait un fort score pour le « non » dans sa ville et aux alentours. Délocalisations et mobilisation des « nonistes » dans la région obligent.

Il ne s’est pas trompé. A 63 %, le « non » était majoritaire à Nemours. Nous nous y attendions, mais, dans ces proportions, certainement pas ! J’ai rendu l’urne puis, comme Nemours était la commune chef-lieu de canton, nous avons pu apprécier les résultats. J’ai ensuite appelé le secrétaire général de la Fédération. Je lui ai égrené les résultats. Il m’a remercié pour mon investissement dans la campagne. « Tu as tenu jusqu’au bout », m’a-t-il dit.

Ces paroles ne laissent pas de me surprendre. Je suis rentré à la maison. Devant les résultats, j’ai longuement pleuré. Je me suis demandé si j’étais encore fabiusien. Dans le fond, je ne savais que je ne pouvais pas changer de courant. Pour l’heure, je devais savoir ce que Laurent proposait et comment il analysait les résultats. Le mardi 31 mai, son intervention sur TF1 m’a rassuré. Pas de revanche, pas de plan sur la comète : il fallait prendre en compte le vote et revoir certains principes et manières de faire avancer l’Union.

Un an après, j’ai, à plusieurs reprises, participé à des réunions avec des partisans du « non ». Au début, on veut se taire ; on a un peu honte. Finalement, on se rend compte que l’on ne peut pas avoir raison contre les électeurs. Je suis à présent un Ouiouiste réaliste. Le désir d’Europe est là, mais il se veut social et politique.

Commentaires

"Le désir d’Europe est là, mais il se veut social et politique." en résumé c'est exactement çà !

Ecrit par : Furyo | mardi, 30 mai 2006

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