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mercredi, 30 avril 2008

La rupture selon Jean-François Kahn

Dans Le Point, il y a deux semaines, on pouvait lire les bonnes feuilles du dernier ouvrage de Jean-François Kahn, Comment on y va... Le fondateur de Marianne, que j'apprécie, revient largement sur la rupture. Extraits choisis :

<<  Je dis : je romps. Il se passe quoi ? Robespierre, Lénine, Pol Pot, Pétain, Mao ont rompu. Hitler aussi, à sa façon. Ou du moins ils l'ont cru parce qu'ils l'avaient décidé. Et, avant eux, beaucoup d'autres qui, comme eux, furent finalement submergés par l'offensive réactive de la continuité dont ils avaient imaginé pouvoir assumer la déchirure. Retour de flamme, de manivelle, de bâton ? Non, mais grosse colère de la réalité à qui on a voulu substituer, dans le lit de l'Histoire évolutive, une reconstitution gonflable. Comme d'autres ont cherché à remplacé le peuple de chair et de sang par un peuple virtuel et démontable. Le réel n'aime pas qu'on cherche à lui faire un enfant dans le dos. Même s'il sait que c'est impossible, ça le fâche. Donc il se cabre (...) >>

mardi, 29 avril 2008

Répulsif anti-jeunes : les raisons de douter

L'avenir d'une invention, par Jérôme Fénoglio

LE MONDE 2 | 18.04.08 |

es jeunes ont l'ouïe plus fine : tant mieux! Le Mosquito – Beethoven en France – émet des ultrasons qui font fuir les adolescents. Et illustre la méfiance de notre société envers ses enfants.

Il y a les inventions qui font avancer leur époque, et celles qui montrent jusqu'où elle peut reculer. Le Mosquito –Beethoven en France–, ce boîtier émettant des ultrasons insupportables à destination des adolescents, se range dans la seconde catégorie. Son idée de départ, son lieu d'origine, sa diffusion croissante : chacune de ses caractéristiques d'invention à succès trahit le drôle de regard que nos sociétés commencent à poser sur leurs enfants.


Comme toutes les trouvailles, l'engin est issu d'un constat scientifique tout bête, au potentiel jusque-là inexploité : notre acuité auditive s'émousse avec l'âge. Les plus jeunes ont l'ouïe plus fine, ils vont le payer. C'est le grand retournement opéré par le Mosquito : transformer une qualité juvénile en défaut de la cuirasse. L'appareil établit une discrimination entre les âges, mais aucune entre les jeunes, tous traités à égalité comme des coupables en puissance.

Comme toute invention, le Mosquito a un inventeur. Il s'appelle Howard Stapleton, c'est un ingénieur et homme d'affaires gallois. Et cette origine géographique ne doit rien au hasard. Le Royaume-Uni est aujourd'hui "un pays effrayé par ses propres enfants", comme vient de le décrire, dans une impressionnante enquête, le magazine américain Time du 7 avril. De plus en plus jeunes, les adolescents s'y adonnent massivement au binge drinking, qui consiste à s'enivrer le plus rapidement possible. De plus en plus violents, ils s'assemblent en bandes désœuvrées qui jouent à terroriser les passants.

Que leur opposer? Le Mosquito, dont plus de 3 500 organismes, commerçants ou particuliers, se sont déjà équipés. Martin Carty, gérant d'une petite épicerie à proximité de Londres, est de ceux-là. En juin 2006, exaspéré par un groupe d'adolescents, il affirmait à l'envoyé spécial du Monde qu'il allait bricoler son boîtier pour en augmenter la puissance : "Je veux que ces petits voyous souffrent."  Et il ajoutait : "Il faut faire confiance au progrès technique pour résoudre nos problèmes sociaux."  La clé du succès du Mosquito tient dans cette phrase. En Grande-Bretagne, où Tony Blair avait promis d'être "dur avec le crime, et dur avec les causes du crime", ce volet préventif s'est transformé en politique de dissuasion, avec le déploiement de 25 millions de caméras de vidéo- surveillance, ou en actions de dispersion, auxquelles contribue le Mosquito. On essaie d'empêcher les conséquences à défaut de s'occuper des causes : ces problèmes de pauvreté, d'éducation et d'autorité dont nul ne nie la gravité.

En France, dont le président vient de déclarer son admiration pour le modèle britannique, le petit boîtier assourdissant a pour l'instant subi les critiques de plusieurs membres du gouvernement. Mais la foi dans le progrès pour faire face à la radicalisation violente d'une partie de la jeunesse n'en a pas moins traversé la Manche. Le nombre de caméras automatiques va tripler, les drones survoleront bientôt des banlieues où les policiers s'aventureront en tenue de Robocop. L'ordre sera de plus en plus souvent maintenu à distance, sans nuances, la solution technologique se substituera encore davantage à la réponse sociale. Et la logique de guerre effacera, chaque jour un peu plus, la possibilité du dialogue. >>

(c) Le Monde 2 

 

lundi, 28 avril 2008

Les socialistes se mettent à jour.

Voici un extrait de l'éditorial du Monde daté du 22 avril. Une analyse juste et qui montre que le PS a encore beaucoup de chemin à parcourir pour mettre à jour son logiciel...

<< Débarrassé des vaches sacrées devant lesquelles il s'est longtemps incliné en paroles, sinon en actes, le PS se présente aujourd'hui comme le grand parti du salariat et de tous ceux qui ne renoncent pas à introduire un peu de raison dans l'économie et de justice dans la société. Son ambition étant ainsi clarifiée, il lui reste à en tirer les conséquences sur ses obscures règles de fonctionnement, dominées par des " courants " dont chacun sait depuis longtemps qu'ils ne sont plus des écoles de pensée, mais des clans.>>

mercredi, 23 avril 2008

Ce n'est pas fini !

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Je romps le silence de mes vacances pour évoquer la très nette victoire de la sénatrice du New York lors de la primaire démocrate de Pennsylvanie.

C'est une preuve éclatante que rien n'est encore joué. Elle a su parler au coeur de l'électorat américain. Hillary Clinton apparaît comme une présidente digne de confiance pour les Américains des classes populaires.

La victoire en Pennsylvanie marque une nouvelle étape dans la bataille pour l'investiture démocrate et l'on aura tort de s'en tenir uniquement au décompte des délégués. Il faut savoir qui sera le plus à même de battre John McCain qui portera les couleurs républicaines dans quelques mois.

Aujourd'hui, Hillary Clinton peut se réjouir de son succès dans l'un des Etats décisifs pour la campagne d'automne. Je souhaite qu'elle transforme l'essai. Allez Hillary !

samedi, 19 avril 2008

En vacances.

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L'actualité de ce début d'année a été très riche. Je profite de quelques jours pour me reposer un peu.

 A très bientôt, Romain Masson-M.

vendredi, 18 avril 2008

Editorial du Monde de ce soir : L'adieu au Nègre

<< La République est en deuil et les hommages se succèdent. Déjà, des voix s'élèvent pour qu'il entre au Panthéon... Mais nul ne s'y trompe : c'est en Martinique, et plus largement aux Antilles, que l'on se sent orphelin. C'est dans les Caraïbes que la figure d'Aimé Césaire, " symbole d'espoir pour tous les peuples opprimés ", selon la formule de Nicolas Sarkozy, prend tout son sens, avec son poids de mémoire douloureuse et de combats. En métropole, malgré tous les éloges d'aujourd'hui, son oeuvre poétique est en grande partie ignorée.

André Breton la qualifiait, à juste titre, de " monument lyrique ". Aimé Césaire a donné en effet à la littérature française un souffle, un accent qui n'avaient pas été entendus avant lui. " J'habite une blessure sacrée/J'habite des ancêtres imaginaires/J'habite un vouloir obscur... " Cette langue volcanique n'a pas valu cependant au normalien, agrégé de lettres, une entrée à l'Académie française, contrairement à son ancien condisciple Léopold Senghor, avec qui il avait lancé et consacré l'idée de " négritude ".

Cet Antillais a contribué à rendre à l'homme noir sa fierté. On le célèbre en Afrique comme s'il faisait partie de ce continent. Mais Césaire a été aussi, pendant plus d'un demi-siècle, la plus grande figure politique martiniquaise. Son exceptionnelle longévité comme conseiller général, maire de Fort-de-France et député - il a siégé à l'Assemblée nationale de 1945 à 1993 - a fait de lui un personnage central. Retiré de la vie politique depuis 2001, contesté par les uns mais vénéré de tous, il était devenu une sorte d'icône. Même l'aéroport international de la Martinique porte son nom...

Rejetant la notion d'assimilation, cette " grande illusion ", Césaire a été l'un des artisans de la création des départements d'outre-mer. " Je ne suis pas antifrançais, disait-il, je suis d'abord martiniquais. " Lionel Jospin a bien résumé la personnalité de ce chantre de la négritude : " Aimé Césaire était fait d'un alliage rare. C'était un magnifique écrivain et un vrai politique. (...) Un être fier de sa singularité d'homme noir et un humaniste attaché à l'universel. Un combattant de l'anticolonialisme et un fidèle de la République. " Pour sa part, Aimé Césaire disait joliment : " Si vous voulez comprendre ma politique, lisez ma poésie. " >>

© Le Monde, 19-IV-2008

Un algorithme pour prévoir l'avenir financier d'une entreprise !

<< Deux chercheurs taiwanais ont inventé une approche mathématique basée sur le principe de la sélection naturelle qui permettrait de repérer le moment où une entreprise est vraisemblablement en train de s'affaiblir. Pour ces chercheurs, connaître la situation financière d'une entreprise est nécessaire aussi bien pour les employés que pour les créditeurs ou les investisseurs. Cependant, il est extrêmement difficile de prévoir l'avenir d'une société du fait des nombreux facteurs qui interviennent.

LIN Ping-Chen, de l'Université nationale des sciences appliquées de Kaohsiung, et CHEN Jiah-Shing, de l'Université centrale de Taiwan, ont emprunté certains des principes de l'évolution biologique pour concevoir un algorithme capable de prévoir l'avenir financier d'une entreprise. Pour ce faire, ils ont introduit différentes variables, telles que les bénéfices ou les revenus nets, en leur assignant à chacune un poids. A partir des données recueillies sur les derniers mois ou années, ils testent leur modèle et itèrent sur le poids assigné à ces variables jusqu'à retrouver les résultats actuels de l'entreprise. Ils peuvent alors poursuivre le calcul sur les mois suivants.

L'algorithme est ainsi évolutif et permet d'affiner les variables ainsi que leurs poids en fonction des caractéristiques de chaque entreprise. Ce modèle est également capable de combiner les résultats de plusieurs sociétés. Les tests effectués ont permis de montrer l'efficacité de ce modèle et de cette approche "génétique".

Les détails de cette recherche doivent paraître prochainement dans la revue "International Journal of Electronic Finance". >>
 
Newspress, 16-IV-2008 

jeudi, 17 avril 2008

La mairie de Bordeaux aide les ménages à s'équiper à moindre coût de composteur ou de récupérateur d'eau de pluie

<< La ville de Bordeaux a décidé de participer activement à la gestion d'un dispositif permettant aux ménages bordelais de s'équiper à moindre coût de récupérateurs d'eau de pluie.

Les bordelais pourront ainsi, pour les achats réalisés à partir du 30/09/2007, bénéficier d'une aide d'un montant maximal de 60 euros pour l'achat d'un récupérateur d'eau.

Ils pourront profiter d'un dispositif d'une grande souplesse dans la mesure où la ville de Bordeaux a décidé de leur permettre d'acquérir où ils le souhaiteront le ou les équipement(s) qui correspondront totalement à leurs besoins plutôt que de fournir un matériel standard.

Cette aide est limitée à un seul équipement de chaque type par foyer bordelais. Elle concerne aussi bien les propriétaires que les locataires, pourvu qu'ils résident à Bordeaux. >>
 
Mairie de Bordeaux, 17-IV-2008 

Le grand dérangement, c'est dans un mois !

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Les 17 et 18 mai prochains, à Nemours 

Le CRIF à Varsovie pour l'anniversaire de la révolte du ghetto

<< A l'occasion du 65e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, une délégation du CRIF conduite par son président Richard Pasquier, se rendra en Pologne du 14 au 17 avril. Au cours de ce voyage, le CRIF rencontrera de nombreuses personnalités locales ainsi que le président israélien Shimon Peres. Pour Richard Prasquier, la révolte du ghetto en avril 1943, « est un élément symbolique central car même si elle n'a pas bouleversé l'équilibre au niveau militaire, elle a été la première révolte à l'intérieur d'une ville occupée par les nazis. Dans l'histoire juive, elle joue un rôle fondamental dans le souvenir de la Guevoura (l'héroïsme) et montre que les Juifs ne se sont pas laissés conduire comme des moutons à l'abattoir ».

Il existe encore aujourd'hui des survivants de cette époque qui sont bien sûr très âgés. « C'est peut-être un des derniers anniversaires pendant lesquels on verra encore ces survivants. Il y a, pas exemple, Marek Edelman, l'un des cinq membres de l'organisation du ghetto, qui vit en Pologne et qui est encore vivant », signale le président du CRIF.

L'importance de cette commémoration est soulignée par le fait que le président Shimon Peres viendra à Varsovie. Richard Prasquier constate également « que la Pologne a eu un parcours extraordinaire depuis une vingtaine d'années. Elle est membre à part entière de l'Europe. Les problèmes de mémoire dans ce pays ressurgissent de plus en plus fort. ».

Aujourd'hui plus de 10 000 Juifs vivent en Pologne. Un musée des Juifs de Pologne est actuellement en cours de construction à Varsovie. Il y a régulièrement des livres qui mettent le doigt sur les tragédies des relations entre Juifs et Polonais pendant la guerre et l'après-guerre, notamment le livre récent de Jan Tomasz Gross, qui a écrit l'histoire de Jebwane et qui vient de publier un livre « Strach » (« L'effroi »), qui parle des massacres des Juifs après la guerre.

« Il ya une nouvelle Pologne qui émerge, capable d'assimiler l'histoire complète non enjolivée », souligne le président du CRIF pour lequel « le rôle des Juifs est de donner la main à cette nouvelle Pologne et de voir ensemble la construction d'une histoire commune ». Richard Prasquier n'oublie pas qu'il existe encore une large frange antisémite dans la population polonaise. Radio Marija en est le symbole le plus connu.
« Il ne faut pas oublier non plus que, malgré tous les drames des relations entre les Juifs et les Polonais, il y a eu plusieurs milliers de Justes polonais qui ont permis le sauvetage d'un certain nombre de Juifs », fait remarquer Richard Prasquier. >>
 
Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, CRIF, 14-IV-2008 

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