« Le 1er mai : pour quoi ? | Page d'accueil | Avec le Département de Seine-Maritime, covoiturons malin ! »

vendredi, 02 mai 2008

Je vous écris de Bagdad : un blog passionnant

A l'aéroport, entre suspense et loterie

http://bagdad.blogs.liberation.fr/2007_2008/2008/04/ce-nest-jamais.html#more

<< Ce n'est jamais facile de revenir à Bagdad. Mais on serre les dents, on prend une double dose d'humour, et on y va.
Chaque fois, l'aéroport est la zone de toutes les inquiétudes. Dans les deux sens, d'ailleurs.

Quand on part, on a peur d'y rester trop longtemps, quand on revient, on a peur de devoir dormir dans les «mobil-homes» qui servent d'hôtel pour voyageurs tardifs...

Au mois de juillet, je partais en mission à Erbil, au Kurdistan. Nous étions trois à voyager ensemble. La veille au soir, le vol sur lequel nous devions partir a été annulé. Mais nous avons décidé de partir quand même et d'acheter des billets sur place. Comme un voyage à l'aéroport prend du temps et mobilise une équipe de neuf gardes, on part en général très tôt, et les gardes restent la journée à attendre les voyageurs entrants.

Nous voilà donc, à huit heures, le matin, dans l'air déjà chaud de Bagdad, à faire la queue pour passer les barrières de sécurité. Chien renifleur pour les bagages, fouille pour les voyageurs... puis quelques pas plus loin, tunnel rayons X pour les bagages...
Deux heures plus tard, nous entrons enfin dans le bâtiment et appelons le facilitateur de voyage qu'emploie notre cabinet au BIAP (Bagdad International Airport). Son anglais est rudimentaire et il ne veut pas être trop vu avec nous... Voilà qui ne va pas faciliter nos démarches. tout se passe donc par téléphone, et après des heures de patience, nous finissons par obtenir des billets pour le jour même.

Mais la partie n'est pas jouée pour autant : des rumeurs circulent, qui disent que l'aéroport est fermé parce qu'un officiel vient d'atterrir. Conséquence, aucun avion ne volera vers Erbil ce jour-là. Un autre manager de quelque chose (facile à reconnaître, il a deux talkie-walkies) nous confirme qu'il y aura bien un vol, mais il ne peut pas nous dire à quelle heure.

La foule n'a cessé de s'accumuler dans le hall des départs. La chaleur est intenable. Le garde qui nous accompagne, armé d'une patience infinie, s'installe entre nous et somnole d'un œil. Je réussis à dormir d'un sommeil de navigateur solitaire. Mon collègue fait la navette entre le bureau d'information et nos sièges, avant de se calmer et d'attendre, désespéré. En début d'après midi, j'ai épuisé mes réserves d'eau, mangé les petits pains que j'avais emportés, et nous sommes toujours assis de l'autre côté de la cloison qui sépare la zone d'enregistrement des bagages, du hall...

Vers trois heures, un bruit se répand que le vol pour Erbil est déjà parti. Puis, une demi-heure plus tard, la nouvelle est infirmée, il y aura un vol, mais nul ne peut dire à quelle heure...

Un peu plus tard, un manager quelconque nous propose de faire enregistrer nos bagages, sans nous garantir toutefois que nous volerons le jour même. Il nous semble que tout sera mieux si nous sommes dans la zone d'embarquement... Nous nous précipitons. Enregistrement, taxe d'aéroport, passage des services d'immigration... et nous voilà dans la zone d'embarquement. Surpeuplée, mais climatisée ! Il est bientôt dix-huit heures, presque dix que nous attendons. Au gré des rumeurs, nous nous préparons alternativement à partir ou à passer la nuit dans l'aéroport.
Face à cette perspective, j'achète quelques biscuits et marque mon territoire sur les banquettes...

Finalement, le vol pour Erbil est parti à huit heures, le soir, et a mis plus longtemps que prévu, parce que le copilote était en formation et apprenait à virer, ce qui nous a obligé à faire quelques détours !

Quand je rentre de l'étranger, j'ai toujours en tête la mésaventure vécue par un collègue africain, qui a été refoulé et renvoyé d'abord à Dubaï, puis dans son pays, pour deux semaines de vacances imprévues, parce que la procédure des visas avait changé entre temps et qu'il n'avait pas les documents nécessaires...

J'ai toujours l'impression que l'entrée à Bagdad tient de la loterie... Il y a des règles, mais elles sont assez absurdes : selon la carte de séjour qu'on détient, il est plus ou moins facile d'entrer. Avec une MNFI  marron Iraq-wide, on entre sans problème (c'est la carte des non Américains —ressortissants de pays non membres de la coalition). Avec une carte jaune, il faut un visa. Bien sûr, avec une carte CAC (citoyen américain), c'est encore plus facile... Mais cela peut changer sans prévenir ! >>

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://romain-masson.hautetfort.com/trackback/1582581

Ecrire un commentaire