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vendredi, 09 mai 2008

1931. Les étrangers au temps de l'exposition coloniale

<< Première exposition temporaire produite par la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration, 1931, Les étrangers au temps de l'Exposition coloniale sera visible au Palais de la Porte Dorée du 6 mai au 7 septembre 2008.


L'exposition « 1931 » évoque la situation des immigrants étrangers et coloniaux en France métropolitaine, en 1931. Dans cette période de l'entre-deux guerres, deux images contrastées s'imposent : la glorification de l'Empire colonial français et de sa « mission civilisatrice » avec l'exposition coloniale du bois de Vincennes d'une part ; la présence de 3 millions d'étrangers en France qui en font le premier pays d'immigration au monde, d'autre part.
Le visiteur est immergé dans « l'air du temps » pour questionner les liens, ou non-liens, entre étrangers et coloniaux en France, en 1931. À la manière d'un théâtre, il est invité à découvrir l'envers du décor de l'exposition coloniale. Il pénètre dans les coulisses de l'exposition, pour découvrir une réalité sociale française bien éloignée du spectacle qui se donne à voir au bois de Vincennes.

1931 : exposition coloniale et envers du décor
Interroger les représentations, confronter immigration et colonisation, croiser l'histoire des migrants coloniaux et celle des immigrés venus de l'étranger, pour essayer d'en dessiner les traits communs et les singularités sont les lignes directrices de cette exposition qui les abordent par des éclairages thématiques : le travail, la politisation des étrangers, leurs statuts, leur vie en France et les représentations qu'en véhiculent les médias...

Le travail
Avec la question du travail, on observe d'un côté la diversité des emplois occupés par les étrangers et les migrants coloniaux (les usines, les mines, l'artisanat, les petits commerces, les professions libérales, les artistes et les intellectuels) et, de l'autre, les difficultés que pose, pour ces travailleurs immigrants, un contexte de crise économique.

La politisation des immigrants étrangers et coloniaux
Avec la question du rapport des immigrants étrangers et coloniaux au politique, on entr'aperçoit un contexte riche en débats et en mouvements, où les immigrants sont tantôt tournés vers la situation politique française, tantôt vers celle de leur pays d'origine. On retient notamment l'exemple des antifascistes italiens et des premières contestations de l'ordre colonial dans l'immigration (Ho Chi Minh, Leopold Sedar Senghor, Messali Hadj)...

L'Etat, les étrangers et les coloniaux
En contrepoint de la politisation des migrants, vient leur évocation dans les discours politiques français (à la fois par l'Etat, par les partis politiques et par les syndicats) et, au-delà, la façon dont ils sont appréhendés par l'administration : quels sont les termes, les catégories et les dénominations utilisées pour parler des étrangers et des coloniaux ? quels sont leurs différents statuts (notamment entre étrangers et coloniaux) ? quel est l'arsenal des mesures coercitives mises en place à cette époque et quels groupes touchent-elles plus particulièrement ?

La vie en France
La question de leur vie en France et de leur présence dans la société française vient terminer ce tableau via des thèmes comme les mariages mixtes, l'école, l'armée, les lieux de sociabilité (associations, cafés, fêtes...) mais également leurs pratiques culturelles au sens large (bals musette, chansons populaires, sport, radio, cinéma...).

Le rapport à l'Autre
Tout cela, par la scénographie de l'exposition, est mis en parallèle avec la question des représentations et notamment celles véhiculées par l'exposition coloniale qui sont à l'antipode de cette réalité sociale : mise en scène démesurée de l'Empire, sa glorification, le rappel de la « mission civilisatrice » de la France outre mer et de l'« exotisme des populations indigènes »... Cette exposition qui a été vue par des millions de visiteurs a suscité un réel engouement. La question du rapport aux autres est également abordée à travers les marques de xénophobie de l'époque et leur diffusion par les médias (presse, tracts, affiches, caricatures, cinéma) comme, par exemple, l'utilisation de faits divers par la presse grand public pour associer étrangers, coloniaux et délinquants.

Par le biais de photographies, d'extraits de films, de documents d'archives, le tout scénographié par l'architecte Massimo Quendolo, cette exposition rend compte de la complexité de cette époque que porte en lui le Palais de la Porte Dorée, vestige de l'exposition coloniale de 1931 et désormais Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

Commissariat
L'exposition est produite par la Cité nationale de l'histoire de l'immigration
Commissaire général :
- Jacques Hainard est directeur du Musée d'ethnographie de Genève (MEG), conservateur du Musée d'ethnographie de Neuchâtel (MEN) d'octobre 1980 à janvier 2006, chargé de cours d'ethnomuséographie à l'Institut d'ethnologie de l'Université de Neuchâtel d'octobre 1980 à septembre 2006
Commissaires associées :
- Laure Blévis est sociologue, maître de conférence à l'université de Paris X-Nanterre et membre de l'Institut des Sciences sociales du Politique (ISP, CNRS). Elle est l'auteur d'une thèse de science politique portant sur le droit de la nationalité et de la citoyenneté dans l'Algérie coloniale (1865-1947). Ses recherches actuelles se concentrent sur les usages du droit en contexte colonial, en particulier sur les questions électorales. Elle mène parallèlement une réflexion sur l'écriture d'une histoire sociale de la colonisation rendant compte des pratiques quotidiennes et complexes à l'oeuvre dans les sociétés coloniales.
- Nanette Jacomijn Snoep est depuis plusieurs années responsable au musée du quai Branly de l'unité patrimoniale Histoire. Cette unité comprend entre autres les peintures et sculptures en provenance de l'Exposition coloniale de 1931 transférées après sa clôture au musée des Colonies. Anthropologue de formation, elle enseigne l'histoire de l'art africain et l'histoire des collections extra-européennes à l'université de Paris X et à l'Ecole du Louvre.
- Hélène Lafont-Couturier aujourd'hui à la tête de la direction muséographique de la Cité, elle a été successivement conservateur au musée des Beaux-Arts de Bordeaux de 1983 à 1990 puis du musée Goupil de cette même ville de 1990 à 1997, et enfin du musée d'Aquitaine de 1998 à 2004.
- Claire Zalc est chargée de recherche au CNRS, à l'Institut d'histoire moderne et contemporaine (ENS-Ulm). Elle travaille sur l'histoire de l'immigration au XXe siècle, ainsi que sur l'histoire sociale et économique de l'entreprise et des entrepreneurs. Ses recherches portent notamment sur l'histoire des artisans et commercants à Paris pendant l'entre-deux-guerres, les relations entre juifs et catholiques polonais dans la région lensoise des années 30 aux années 70 et la politique d'identification et d'aryanisation visant les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle mène parallèlement une réflexion sur les manières de faire et d'écrire l'histoire.
Scénographie : Massimo Quendolo. >>
 
Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration

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