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dimanche, 15 juin 2008
Les secrets de ceux qui vivent de leurs passions
Vous avez un patrimoine ? Mais qu'en faites-vous ? Vous êtes-vous un jour vraiment posé la question ? Avez-vous osé imaginer ce que vous pourriez faire ? À contre-courant de la logique conservatrice de la plupart des gestionnaires de patrimoine, qui cherchent avant tout à le valoriser, certains ont un jour envie de prendre la clé des champs. Pour profiter de leurs biens. En profiter, cela signifie en tirer du plaisir, mais pas forcément les exhiber. Une passion n'est pas un signe extérieur de richesse. Vivre ses passions, c'est un cheminement personnel à l'opposé de la soif de paraître.
Les passions sont multiples, impossible de les décrire ici. Tout au plus peut-on expliquer comment les banques privées peuvent aider à les mettre en musique, comment certains s'intéressent à l'art, d'autres à des terres du bout du monde... Un aperçu, une fenêtre sur autre chose. Une liberté nouvelle que certains s'accordent et d'autres pas. Et si, au bout du compte, passion rime avec raison, si ces choix sont payants financièrement, ce sera la cerise sur le gâteau.
De l'argent, pour quoi faire ?
Les Français ont une approche plus décomplexée qu'autrefois de leur fortune. Thésauriser afin de passer le flambeau à la génération suivante ne les satisfait plus, aujourd'hui ils veulent à la fois profiter de ce qu'ils ont acquis et donner du sens à leur vie. Un patrimoine peut le leur permettre ou les en éloigner. Car l'argent peut dans certains cas être embarrassant.
Il l'a, par exemple, été un temps pour Odon Vallet, historien des religions, qui s'est retrouvé tôt à la tête d'une fortune à la suite du décès de son père. « Je vis avec mon traitement d'enseignant et mes droits d'auteur. P endant des années, je me suis demandé que faire de cet argent et j'ai réfléchi jusqu'en 1999 », explique Odon Vallet, lui qui consacre désormais beaucoup de son temps et de son énergie à cette fondation qui aide des étudiants au Bénin, au Vietnam, mais aussi en France. Entre une fondation autour de l'éducation et le monde parfois très « show off » de l'art, celui dans lequel les passions des nantis semblent fleurir, a priori rien de commun. Pas si sûr. Pour Antoinette Léonardi, qui conseille les clients de la gestion privée de BNP Paribas dans le domaine de l'art, souvent la volonté de commencer une collection, de s'intéresser à l'art reflète d'abord un appétit pour autre chose, une soif de culture, presque une demande de spiritualité.
Dans un monde où les prix de l'art se sont envolés au gré de la mondialisation de la demande, elle note paradoxalement pourtant une vraie retenue chez nombre de ses clients. « Face à l'envolée des prix des oeuvres, certains hésitent aujourd'hui à mettre sur leurs murs tel ou tel tableau, redoutant de voir ainsi affichée leur fortune aux yeux de tous les visiteurs. »
D'autres auront à coeur d'explorer de nouveaux territoires, de défricher un nouveau monde tout en espérant sans doute aussi profiter du boom avéré et à venir des matières premières agricoles. Car vivre une passion peut aussi se révéler une bonne affaire. Ceux qui ont investi dans l'art contemporain et ont fait tourner leur collection ont réalisé de substantielles plus-values. Pourtant, ces investissements atypiques vont bien au-delà d'un simple choix financier. La plupart du temps, ils ont aussi contribué à donner un autre sens à la vie de celui qui les a menés à bien. C'est d'ailleurs à son initiative qu'ils ont été choisis et non sous l'influence d'un conseiller de patrimoine avisé.
Les garde-fous nécessaires
« La richesse, c'est plus que de l'argent. » Dans un ouvrage récent écrit à destination des familles fortunées qui sont ses clientes, la banque Lombard-Odier-Darier-Hentsch évoque la signification de la richesse, soulignant combien les valeurs, le bien-être spirituel, la cohésion d'une famille, les relations, les connaissances sont importantes. Naïf ? Pas tant que cela, car, comme le rappelle la banque, « l'argent est neutre, ce n'est pas lui qui nous définit. La manière dont nous dépensons notre temps exprime nos valeurs ».
Un projet ou une passion sont personnels. Mais ils ne doivent pas mettre en péril le patrimoine qui lui donne un jour les moyens de se concrétiser. L'objectif ? Conserver le même train de vie, garder la tête froide et ne pas se laisser emporter par la passion justement. C'est là où les banques de gestion privée et les conseillers en gestion de patrimoine joueront leur rôle en organisant bien souvent en plusieurs parts le patrimoine pour qu'il réponde aux aspirations de son détenteur. « La plus grosse erreur, quand on investit dans des domaines non producteurs de revenus, consiste à voir trop grand », rappelle Claude Garnier, le cofondateur d'Aforge Finance. >>
Carole Papazian, Le Figaro, à paraître dans l'édition du 20-VI-2008
11:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : passion, patrimoine, richesse, argent, bonheur



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