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lundi, 07 juillet 2008
Inflation
Traditionnellement, un festival servait à présenter au public de nouveaux talents, mêlés à des stars confirmées. A animer une région aussi ; à faire connaître une ville en l'associant à une discipline artistique ; à donner à des estivants l'impression qu'ils ne bronzent pas idiots ; à en attirer d'autres dans des zones peu touristiques.
Aujourd'hui ce paysage bon enfant et un peu touffu est en train de changer radicalement. Dans le domaine musical, sur fond de marché du CD sinistré, les artistes voient dans les concerts et donc les festivals un moyen d'engranger ce qu'ils ne gagnent plus dans les bacs des disquaires. Sans risque de piratage.
On entre dans l'ère de la surenchère. Les stars tournent à toute allure de festival en festival en faisant monter les prix ; les tarifs des places s'envolent ; les événements modestes peuvent devenir très vite s'ils jouent le jeu de la starification (et des grandes compagnies), des affaires fort rentables.
L'amateur risque de se retrouver vite face à une offre de festivals à deux vitesses. Y cohabiteront de grandes machines européennes offrant une multiplication d'artistes en exclusivité (ceux que l'on voit à la télé) ; et de petites fêtes locales, dépendant totalement des subventions des collectivités et de l'énergie de bénévoles. Va-t-on vers la fin des festivals de taille moyenne où l'on pouvait avoir des surprises, vibrer, découvrir et redécouvrir?
Ce serait la fin d'une époque, celle de l'émotion, tuée par celle du "live". >>
Didier Pourquery, Libération, 05-VII-2008
17:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : festivals, été, musique, art vivant, libération, didier pourquery, live



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