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jeudi, 24 juillet 2008

Les bases de défense, piliers de la nouvelle organisation militaire

<< Les armées françaises consacrent trop de moyens au soutien. Les 87 futures bases de défense assureront les tâches administratives de toutes les unités opérationnelles dans un rayon de 30 kilomètres.

Si les armées n'ont pas vocation à faire de l'aménagement du territoire, elles ne l'ont pas plus à faire de la paperasse. Le corollaire de la nouvelle carte militaire est donc la rationalisation de l'administratif. Pour appuyer le bien-fondé de la réforme, Hervé Morin cite volontiers ce chiffre : 60 % des effectifs du ministère de la Défense se consacrent au soutien, et seulement 40 % à l'opérationnel. Au Royaume-Uni, avec qui Paris aime se comparer, le ratio est inverse. Pour les militaires, l'heure est donc au recentrage sur le coeur de métier, pour reprendre un vocable du privé, à savoir entraînement et projection sur les théâtres des opérations. Au coeur du nouveau dispositif : la création d'un peu moins de 90 bases de défense interarmées.

Avec 2.800 personnes en moyenne, ces nouvelles entités locales regrouperont toutes les unités opérationnelles dans un rayon de 30 kilomètres, pour lesquelles elles assureront l'ensemble des tâches administratives et de soutien : finance, ressources humaines, social, entretien des matériels (sauf s'il est trop spécifique), alimentation, habillement, sécurité, informatique courante, carburant... Le tout dans une logique « interarmée », c'est-à-dire que cette mutualisation de services se fera au profit des soldats, aviateurs ou marins présents dans le périmètre géographique concerné.

Une chaîne de commandement

Si les unités opérationnelles resteront rattachées à leurs états-majors respectifs, les bases de défense dépendront, elles, d'une chaîne de commandement dédiée, directement rattachée au chef d'état-major. Elles seront les « structures nourricières des unités opérationnelles de leur rayon », expliquait, le 23 juin dernier, l'amiral Pierrick Blairon, le numéro deux des armées, lors d'un déplacement au 5e RHC de Pau.

La ville du Sud-Ouest fonctionne d'ailleurs déjà un peu sur ce principe, puisque ce régiment d'hélicoptères de combat assure les services de santé ou d'administration générale pour les unités voisines. Quand la réforme sera aboutie, de la future base de défense de Pau dépendront, outre le 5e RHC, l'état-major de la brigade des forces spéciales de l'armée de terre, le détachement Alat(*) des opérations spéciales, l'école des troupes aéroportées, une compagnie de transmission, ou encore un bureau d'archives. Avec comme objectif d'économiser 80 postes, soit 15 % des effectifs de soutien ou 4 millions d'euros par an, pensions comprises.

Environ 60 % des bases de défense seront du type de celle de Pau, c'est-à-dire abritant plusieurs formations majeures. Un quart n'en compteront qu'une, les autres se partageant entre outre-mer, ports et Paris.

Les bases de défense

- Elles assurent le soutien administratif des unités opérationnelles - terre, mer ou air - dans un rayon de 30 kilomètres : ressources humaines, finance, maintenance, alimentation, habillement, informatique...- Le nombre de bases : 87 (78 en métropole, dont 5 en région parisienne, et 9 outre-mer).- Toutes les bases de défense seront rattachée à une structure de commandement dédiée.- Le calendrier : sur six à sept ans, avec une phase expérimentale dès 2009 pour 11 bases (Brest, Rennes, Creil, Nancy, La Valbonne, Valence, Laudun, Marseille, Djibouti, Clermont-Ferrand, Avord). (Source : ministère de la Défense) >>.

Alain Ruello, Les Echos, 24-VII-2008 

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