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vendredi, 25 juillet 2008

Les mutations de la famille allemande : les deux parents travaillent dans 51% des familles ayant des enfants de moins de 15 ans

<< Toujours très liée au cadre du mariage, mais moins au modèle traditionnel du père qui travaille et de la mère au foyer : telle se présente aujourd'hui la famille allemande. C'est le résultat d'un tour d'horizon présenté sur le sujet par l'Office fédéral des statistiques. En 2007, 51% des familles allemandes comprenant des enfants de moins de 15 ans voyaient désormais les deux parents travailler. Grâce au nouveau salaire parental, les pères sont aussi de plus en plus nombreux à faire une pause professionnelle pour s'occuper de leur(s) rejeton(s).

L'Office fédéral des statistiques a comptabilisé un peu moins de 8,6 millions de familles en Allemagne, soit 9% de moins qu'en 1996. Un peu plus du quart (27%) comprenait au moins un adulte étranger ou devenu allemand par naturalisation. Le couple marié avec enfants (mineurs) reste de loin le modèle dominant. Il représentait encore près des trois quarts (74%) des familles en 2007, malgré la diversification observée depuis 1996. Les familles monoparentales et les partenariats non matrimoniaux avec enfant(s) représentaient en 2007 respectivement 18% et 8% des familles.

De manière générale, le mariage continue de jouer un rôle central dans la construction de la famille allemande. En 2006, sept enfants sur dix sont nés en Allemagne de parents mariés. Et parmi les 30% nés hors mariage, une part significative voit par la suite ses parents convoler en justes noces. Selon les statistiques, le nombre de mariages tend à reculer depuis les années 1990. Mais il unit encore entre 370.000 et 400.000 nouveaux couples par an (sur la période 1996-2006). L'évolution majeure tient à l'âge de plus en plus tardif des unions. Il est passé de 28,5 à 32,6 ans pour les hommes entre 1991 et 2006, et de 26,1 à 29,6 ans pour les femmes.

Autre enseignement majeur : pour les parents, l'enjeu croissant consiste à réussir la conciliation entre travail et vie de famille. Les couples "traditionnels", où seul le père travaille, ne représentent plus que 35% des familles. Un couple sur deux peut désormais compter sur deux salaires à la fin du mois. En revanche, 9% des familles ne voient travailler aucun des deux parents (y compris lorsqu'il s'agit d'un arrêt provisoire pour garde d'enfant) et 5% voient travailler seulement la mère.

Une petite révolution semble, par ailleurs, en passe d'écorner un peu plus la répartition traditionnelle des rôles. Un an et demi après sa création, le salaire parental, qui permet au parent qui s'arrête de travailler de toucher 67% de son ancien salaire pendant douze mois pour s'occuper d'un nouveau-né, est plébiscité... y compris par les pères. Ces derniers sont aujourd'hui quatre fois plus nombreux à faire une pause dans leur activité professionnelle pour garder leurs enfants qu'avant la réforme. Et ce chiffre ne cesse de croître. Entre janvier 2007 et mars 2008, 87.000 pères ont profité du salaire parental, soit 12% de l'ensemble des 720.000 demandes accordées. Toutefois, les pères s'interrompent en général moins longtemps que les mères. 85% des femmes bénéficiaires du salaire parental s'arrêtent de travailler pendant un an, contre seulement un homme sur dix. Les deux tiers des pères privilégient la formule du "Babyzeit", soit une pause de deux mois.

Dernier enseignement : les familles monoparentales et les familles nombreuses sont davantage menacées par la pauvreté que les autres. En 2005, plus d'un quart des familles monoparentales (26%) étaient dans ce cas, contre 11% de la totalité des familles allemandes. Ce chiffre passe même à 42% pour les familles monoparentales avec trois enfants. Dans les familles avec deux adultes, le risque de pauvreté passe de 8% avec un seul enfant à 9% avec deux et 13% avec trois enfants et plus.

La ministre allemande de la Famille, Ursula von der Leyen, s'est félicitée de ces enseignements qui confirment l'orientation de sa politique. "Une politique moderne pour toutes les familles de ce pays doit prendre en considération la mutation des réalités de la vie, et aider les gens à vivre avec leurs enfants les projets de vie qu'ils souhaitent", a-t-elle souligné.

Depuis 2005, le gouvernement allemand a pris des mesures importantes en matière de politique familiale : salaire parental, possibilités accrues de déductions fiscales pour les frais de garde d'enfant, développement des infrastructures de garde pour les très jeunes enfants, programmes d'incitation au développement de conditions de travail plus adaptées à la vie de famille dans les entreprises. A cela s'ajoutera le 1er octobre prochain une réforme des allocations familiales qui bénéficiera à 250.000 enfants de familles pauvres dès l'année prochaine. >>

Ambassade d'Allemagne en France, 25-VII-2008

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