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jeudi, 28 août 2008
En direct de l'Université d'été du MEDEF (3)
En différé...
La plénière du mercredi soir a été contrastée. Certaines interventions étaient intéressantes, d'autres l'étaient un peu moins. "USA, Still A Giant?" / "Les Etats-Unis sont-ils toujours un géant ?", telle était la question.
Olivier Jay, de LCI et le JDD, a animé le débat. `
Christine Lagarde est revenue sur un de ses sujets de prédilection. Très souvent, cependant, la Ministre de l'Economie et des Finances a été brouillonne. Se félicitant qu'on ne lui pose pas une énième question sur la croissance, elle a voulu montrer en quoi le système économique américain était exceptionnel. Il y a bien une crise économique outre-atlantique. Les valeurs sont là et l'esprit d'entreprise ne défaillit pas : self-esteem, accueil et ouverture, give-back. On regrettera vivement que les références intellectuelles de Mme Lagarde ne viennent parfois comme autant de cheveux sur la soupe.
Avec Michel Pébereau, président de BNP/Paribas, le propos est beaucoup plus calibré. Il alerte sur le déséquilibre croissant de la balance des paiements courants des Etats-Unis. Pour le banquier, on assiste à un changement du modèle économique mondial. Les Américains tirent assez bien leur épingle du jeu. En effet, leur économie est productive. Les travailleurs américains s'adaptent aux évolutions. De même, les entreprises créent des emplois et elles investissent massivement dans la recherche et l'innovation. Le dollar est encore la 1ère monnaie de réserve et de change. D'où son rôle majeur dans la coordination des politiques économiques mondiales.
Le président d'EADS, Louis Gallois, n'est pas là pour rien. Il a clairement pour objectif de faire comprendre aux patrons français et aux décideurs publics ses intentions concernant le marché américain. "Il faut y être et s'y implanter", veut-il croire. Il évoque naturellement le gros dossier du moment : le contrat pour le ravitailleur en vol. Si EADS le décroche, l'entreprise sera amenée à établir une ligne d'assemblage dans l'Alabama. "Des sous-traitants américains travailleront avec nous", lance le patron du concurrent direct de Boeing. Christine Lagarde n'est pas emballée, mais il ne tarde pas à lui rappeler qu'aucun des quatre pays du consortium n'a émis de sérieuse réserve. Le marché américain est capital pour l'évolution d'EADS. Il n'y a aura sans doute pas d'échange technologique, mais l'avenir de l'entreprise sera américain ou ne sera pas du tout. C'est clairement dit, au moins.
Le style de Christophe de Margerie est certes bourru, mais il parvient aisément à faire passer ses messages. On entend beaucoup d'âneries concernant le domaine énergétique depuis le début de la campagne électorale américaine, prévient-il. Les deux soucis principaux du groupe Total avec ses concurrents américains sont de deux ordres : la recherche effrénée de l'indépendance énergétique de la part des Américains et les problématiques liées au réchauffement climatique. Il y aurait bien une croissance de l'offre domestique, mais les Etats-Unis sont capables du meilleur et surtout du pire pour parvenir à leurs fins : avoir un approvisionnement convenable en matière énergétique. Concernant la protection de l'environnement, les Américains se livrent à un "suicide sympathique", en se défaussant sur la Chine.
Loïc Le Meur, célèbre ancien blogueur, raconte ensuite son aventure américaine. Il est désormais installé dans la Silicon Valley, à San Francisco précisément. Une anecdote assez révélatrice de l'esprit d'accueil et d'entreprise aux Etats-Unis retiendra mon attention. Loïc Le Meur évoque ce garçon de 14 ans qui facture ses conseils aux entreprises. Etonnant et tellement américain. Les business angels veillent. Le "How Can I Help?" facilite les relations. La culture du travail et le renouvellement permanent sont bien là pour contribuer aux investissements.
Le reste des interventions, sans préjuger de la qualité et du sérieux des personnes, n'a clairement pas été à la hauteur. Stuart Haugen, ancien DG de Pepsi France, vice-président de Republicans Abroad, a été trop souvent confus. Il n'avait sans doute pas préparé son intervention. Avec David Ignatius, célèbre plume du Washington Post, le problème s'est aussi posé. Quelques saillis intéressantes, mais sous un flot de paroles trop peu organisées. Dominique Moïsi, que l'on connaît plus vivace, n'a pas remonté le niveau. L'heure, la faim, nous ne nous prononcerons pas... Sa géopolitique est néanmoins très sommaire. Tout cela sent le papier glacé et les cartes d'Etat-major superposées...
J'ai finalement zappé mon ancien camarade Védrine, au prétexte que je le connais trop bien pour apprendre quelque chose de nouveau. Avec son ton monocorde, cela aurait été difficile...
Romain Masson-Mureau
En raison de l'heure tardive de bouclage, il se peut que des fautes de syntaxe et d'orthographe se soient glissées dans le texte. Je m'en excuse humblement et j'espère que mon entrée future à l'Académie ne s'en verra pas remise en cause... Humblement, disais-je...
09:00 Publié dans Université d'été du Medef '08 : Voir en grand | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : medefue08, gallois, de margerie, lagarde, le meur, pébereau, patrons




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