mardi, 08 juillet 2008
Ecouter les élus locaux
Si le concept de solidarité nationale a un sens, celle-ci doit s'exercer envers les régions de l'Est, hier victimes des restructurations industrielles et menacées, maintenant, par la révision de la carte militaire. Mais la solidarité est nécessaire aussi pour les villes qui ont perdu des tribunaux, quelquefois des administrations, et qui peuvent être concernées par les fermetures d'hôpitaux.
Le rôle de l'Etat et de son chef n'est pas de mener à bien l'assainissement des finances publiques en s'en prenant tour à tour, tel un Père Fouettard, à chaque catégorie concernée - l'armée, les élus, etc. -, mais d'amortir des chocs inévitables. Ce n'est pas non plus de laisser la voie libre à des processus de désertification économique et démographique. Il appartient, au contraire, aux pouvoirs publics d'accompagner le mouvement de reconquête du territoire qui s'amorce depuis plusieurs années.
Rendue possible par les progrès accomplis dans la mobilité et la communication - virtuelle ou réelle, informatique ou ferroviaire -, cette tendance est encouragée par les effets pervers de l'hyperconcentration urbaine. Pour des régions entières, pour des villes petites ou moyennes, l'arrivée de nouveaux habitants, quittant les grandes agglomérations, est une nouvelle chance. Encore faut-il que les ménages et les entreprises y trouvent services et infrastructures. Les maires ne peuvent donc pas rester sans réagir face aux fermetures de services publics qui frappent certaines villes : après le Trésor, le tribunal, puis la caserne, sans oublier, parfois, les transports en commun locaux.
Alors que le gouvernement lance contre les collectivités une véritable campagne de dénigrement, en les accusant en bloc d'être trop dépensières, M. Sarkozy semble vouloir faire peser sur les élus locaux - dont il n'échappe à personne que beaucoup sont de gauche - la charge de sa politique de rigueur. C'est injuste et dangereux pour l'activité économique comme pour la cohésion sociale. >>
Le Monde, Editorial, 06-VII-2008
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lundi, 07 juillet 2008
Inflation
Traditionnellement, un festival servait à présenter au public de nouveaux talents, mêlés à des stars confirmées. A animer une région aussi ; à faire connaître une ville en l'associant à une discipline artistique ; à donner à des estivants l'impression qu'ils ne bronzent pas idiots ; à en attirer d'autres dans des zones peu touristiques.
Aujourd'hui ce paysage bon enfant et un peu touffu est en train de changer radicalement. Dans le domaine musical, sur fond de marché du CD sinistré, les artistes voient dans les concerts et donc les festivals un moyen d'engranger ce qu'ils ne gagnent plus dans les bacs des disquaires. Sans risque de piratage.
On entre dans l'ère de la surenchère. Les stars tournent à toute allure de festival en festival en faisant monter les prix ; les tarifs des places s'envolent ; les événements modestes peuvent devenir très vite s'ils jouent le jeu de la starification (et des grandes compagnies), des affaires fort rentables.
L'amateur risque de se retrouver vite face à une offre de festivals à deux vitesses. Y cohabiteront de grandes machines européennes offrant une multiplication d'artistes en exclusivité (ceux que l'on voit à la télé) ; et de petites fêtes locales, dépendant totalement des subventions des collectivités et de l'énergie de bénévoles. Va-t-on vers la fin des festivals de taille moyenne où l'on pouvait avoir des surprises, vibrer, découvrir et redécouvrir?
Ce serait la fin d'une époque, celle de l'émotion, tuée par celle du "live". >>
Didier Pourquery, Libération, 05-VII-2008
17:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : festivals, été, musique, art vivant, libération, didier pourquery, live
mercredi, 28 mai 2008
Le Syndicat national des journalistes pense que seule la qualité de l'info sauvera la presse
Nicolas Sarkozy persiste dans son erreur de diagnostic et signe ! Comment ne pas attribuer plutôt cette crise des médias à leur perte de crédibilité auprès de l'opinion, la baisse de qualité de leurs contenus éditoriaux, une défiance croissante du public quant à leur indépendance et leur attachement à assurer leur mission d'informer avant toute autre considération ?
Nicolas Sarkozy rend-il service à la presse quand, avec ses amis propriétaires de grands médias, il instrumentalise l'information et la met au service de sa propre communication ? Quand il tance publiquement les journalistes qui osent lui poser des questions un tant soit peu impertinentes ? Quand, sur un effet de manche, il prive brutalement l'audiovisuel public d'une part importante de ses recettes sans en prévoir les contreparties ?
Le parti du président rend-il service à la presse quand il se livre à une attaque en règle, totalement infondée, contre l'AFP ? La législation française rend-elle service à la presse quand elle reste désespérément en retard sur les règles européennes en terme de protection des sources ? Les gendarmes de la concurrence et les ministres rendent-ils service à la presse quand ils donnent leur aval aux concentrations tous azimuts, qui saignent les rédactions, amènent des pertes de savoir-faire, sacrifient des centaines d'emplois, nuisent à l'identité des titres et tuent la confiance des lecteurs ?
Qu'importe ce constat, le président de la République veut aussi que l'on réfléchisse à la création de groupes multimédias, censés résoudre le « problème de seuil » que n'arriveraient pas à franchir nos entreprises de presse. Faisant mine d'ignorer que de tels groupes sont déjà en cours de constitution, qu'ils tuent le pluralisme, suppriment des titres, nivellent l'information par le bas et favorisent la pensée unique.
Pour le SNJ, premier syndicat chez les journalistes, il ne peut rien sortir de bon de ces états généraux tels qu'ils sont présentés. Au lieu d'une légitime recherche sur les moyens d'améliorer la qualité de l'information et de retrouver la confiance du public, le risque est grand de voir émerger des dispositions visant à dénaturer un peu plus le contenu des médias ; à les rendre encore moins attractifs et crédibles aux yeux du public ; à transformer toujours plus l'information en marchandise dévouée à la communication et la promotion.
Après un exécutif muselé, un législatif contraint, une justice rabaissée, c'est le tour du « quatrième pouvoir » de se demander à quelle sauce on va essayer de le manger. >>
22:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicat national du journalisme, crise de la presse, atteintes à la liberté de la presse
mardi, 20 mai 2008
Europe: le vice-président de la Commission met en garde contre les biocarburants
"Il ne peut pas être raisonnable de fabriquer du carburant pour les voitures à partir de plantes devant servir à l'alimentation humaine et animale", a dit M. Verheugen au journal Bild am Sonntag à paraître dimanche.
"Je me félicite que l'heure ne soit plus à l'euphorie à propos des biocarburants", a ajouté le commissaire allemand, qui s'est prononcé pour que la recherche mette l'accent sur les biocarburants dits de seconde génération, "par exemple dans les technologies de l'hydrogène".
"Ce qui compte pour la Commission, c'est le développement durable. Si la production de denrées alimentaires est entravée, ou si la forêt tropicale est abattue (du fait des biocarburants), ça ne fonctionne pas du tout".
"Si les biocarburants entraînent un bilan environnemental négatif, on fait fausse route. Nous devrions y regarder à deux fois avant de miser sur les biocarburants de manière inconditionnelle", a encore déclaré le commissaire.
Les pays de l'UE se sont fixés débût 2007 un objectif contraignant d'utiliser 10% de biocarburants dans leur consommation totale de carburants d'ici 2020, une ambition de plus en plus contestée face à l'envolée des prix et les récentes émeutes de la faim.
Ils n'ont pas pour l'instant remis formellement en cause cet objectif, mais pour désamorcer les critiques ils essaient de sélectionner des critères environnementaux et sociaux stricts pour utiliser les biocarburants à l'avenir.
Le développement des biocarburants s'inscrit dans un plan plus vaste de l'UE pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, de 20% d'ici 2020, ainsi que sa dépendance vis à vis de l'energie fossile.
L'industrie des biocarburants craint pour sa part que le débat actuel ne freine les recherches de pointe sur les biocarburants de deuxième génération, plus verts car fabriqués à partir de déchets agricoles non alimentaires comme la paille. >>
Libération, 17-V-2008
08:30 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 mai 2008
Menaces sur la vie culturelle pragoise
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"La situation est grave, explique Yvonna Kreuzmannova, fondatrice du Festival de danse contemporaine Tanec Praha, dont la 20e édition est prévue en juin. La subvention de la mairie ne représente cette année que 18 % de celle de 2007 : nous avons été obligés d'annuler plusieurs invitations de troupes étrangères et de réduire le nombre de représentations pour d'autres." L'une des "victimes" de cette réduction drastique de l'aide au principal festival de danse contemporaine en Europe centrale est la compagnie française Käfig installée à Bron qui ne pourra se produire à Prague.
En butte depuis plusieurs années aux autorités locales ou nationales - le ministère de la culture ne soutient quasiment pas les arts vivants -, les gens du spectacle ne sont plus seuls dans leur combat pour maintenir une politique culturelle digne de ce nom.
Près de 15 000 personnes ont signé en quinze jours une pétition "pour une Prague culturelle" et les différentes initiatives civiques du monde de la culture se sont rapprochées pour dénoncer le repli nationaliste des responsables politiques et la confusion entre culture, show-business et divertissement.
Alors que la mairie de Prague s'apprête à enterrer le projet de bibliothèque nationale de l'architecte britannique d'origine tchèque Jan Kaplicky, qui mobilise depuis un an les intellectuels praguois, les artistes ont aussi dénoncé la gestion égocentrique de la Galerie nationale à Prague.
Son directeur depuis huit ans, le créateur Milan Knizak, proche du président ultralibéral Vaclav Klaus et de son Parti démocratique civique (ODS) qui détient la mairie de la capitale, refuse d'impliquer la première institution tchèque consacrée aux arts plastiques dans les échanges internationaux. Ainsi, aucune oeuvre tchèque n'est exposée à l'étranger et aucune oeuvre étrangère des grands musées internationaux à Prague. >>
Martin Plichta, Le Monde daté du 06-V-2008
18:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Un an de sarkozysme, la Ligue des droits de l'homme s'alarme
Libération du mardi 6 mai 2008
Téléchargez le rapport au format PDF
Une démocratie exemplaire ? «Rupture»… avec les valeurs républicaines
La LDH et ses partenaires demandent que les différents fichiers qui relèvent de l’Education nationale fassent l’objet d’une information préalable aux parents, d’un débat démocratique sur leur contenu et présentent des garanties quant à la confidentialité et aux possibilités de centralisation ou d’interconnexion des données enregistrées. Une exigence minimale.»
Et les droits universels pour les migrants ? La traque et la peur pour des «sans-droits»
«Baba Traoré, qui s’enfuit à la vue d’un contrôle de police et qu’on retrouve noyé : voilà le dernier mort de la guerre que le gouvernement mène contre les sans-papiers. Préférant ignorer qu’une partie de l’économie repose sur l’exploitation au travail de ces hommes et femmes de l’ombre, cette guerre est conduite au nom d’une idéologie, celle de la "menace" que ferait peser l’immigration sur l’"identité nationale". Et d’un projet politique : fidéliser sur cette base l’électorat d’extrême droite. Cette idéologie mobilise comme jamais les préfectures, encouragées à faire du chiffre au détriment de l’examen des situations humaines, et les forces de police, entraînées vers des dérives qui traumatisent nombre de fonctionnaires : arrestations au domicile et en préfecture, rafles, brutalités dans les centres de rétention…
Mais elle suscite aussi ses objecteurs de conscience et ses résistants : les sans-papiers eux-mêmes, qui luttent pour leurs droits, et les citoyens, ces "innombrables" qui refusent la xénophobie d’Etat et dont la solidarité dessine un autre visage de notre société.»
La sûreté pour tous ? La prison pour toute réponse !
«Nicolas Sarkozy, chantre de la réforme, a échoué sur l’économique et le social. Alors il alourdit la politique sécuritaire qu’il développait depuis 2002. Ça coûte moins cher et ça paie plus. En cinq ans, quarante lois ont bouleversé le Code de procédure pénale et trente ont désarticulé le Code pénal. Les principes fondamentaux de la responsabilité pénale et des garanties judiciaires s’estompent. Au point que, lorsque le timide Conseil constitutionnel ose rappeler cette pierre angulaire de notre droit qu’est le principe de non-rétroactivité des lois, le Président s’en offusque et tente de le contourner.
Rien ne prouve que cette frénésie législative ait fait baisser la délinquance ; mais depuis l’élection présidentielle, le nombre de détenus est passé de 60 571 à 63 211 - pour toujours 50 207 places. Le contrôleur général des prisons n’est toujours pas nommé et la loi pénitentiaire s’éloigne. Mais on construit de nouvelles prisons, y compris pour les enfants.»
La France des droits de l’homme dans le monde ? Atlantisme et ethnocentrisme
La LDH et ses partenaires demandent que les différents fichiers qui relèvent de l’Education nationale fassent l’objet d’une information préalable aux parents, d’un débat démocratique sur leur contenu et présentent des garanties quant à la confidentialité et aux possibilités de centralisation ou d’interconnexion des données enregistrées. Une exigence minimale.»
12:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 29 avril 2008
Répulsif anti-jeunes : les raisons de douter
L'avenir d'une invention, par Jérôme Fénoglio
LE MONDE 2 | 18.04.08 |
Il y a les inventions qui font avancer leur époque, et celles qui montrent jusqu'où elle peut reculer. Le Mosquito –Beethoven en France–, ce boîtier émettant des ultrasons insupportables à destination des adolescents, se range dans la seconde catégorie. Son idée de départ, son lieu d'origine, sa diffusion croissante : chacune de ses caractéristiques d'invention à succès trahit le drôle de regard que nos sociétés commencent à poser sur leurs enfants.
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Comme toute invention, le Mosquito a un inventeur. Il s'appelle Howard Stapleton, c'est un ingénieur et homme d'affaires gallois. Et cette origine géographique ne doit rien au hasard. Le Royaume-Uni est aujourd'hui "un pays effrayé par ses propres enfants", comme vient de le décrire, dans une impressionnante enquête, le magazine américain Time du 7 avril. De plus en plus jeunes, les adolescents s'y adonnent massivement au binge drinking, qui consiste à s'enivrer le plus rapidement possible. De plus en plus violents, ils s'assemblent en bandes désœuvrées qui jouent à terroriser les passants.
Que leur opposer? Le Mosquito, dont plus de 3 500 organismes, commerçants ou particuliers, se sont déjà équipés. Martin Carty, gérant d'une petite épicerie à proximité de Londres, est de ceux-là. En juin 2006, exaspéré par un groupe d'adolescents, il affirmait à l'envoyé spécial du Monde qu'il allait bricoler son boîtier pour en augmenter la puissance : "Je veux que ces petits voyous souffrent." Et il ajoutait : "Il faut faire confiance au progrès technique pour résoudre nos problèmes sociaux." La clé du succès du Mosquito tient dans cette phrase. En Grande-Bretagne, où Tony Blair avait promis d'être "dur avec le crime, et dur avec les causes du crime", ce volet préventif s'est transformé en politique de dissuasion, avec le déploiement de 25 millions de caméras de vidéo- surveillance, ou en actions de dispersion, auxquelles contribue le Mosquito. On essaie d'empêcher les conséquences à défaut de s'occuper des causes : ces problèmes de pauvreté, d'éducation et d'autorité dont nul ne nie la gravité.
En France, dont le président vient de déclarer son admiration pour le modèle britannique, le petit boîtier assourdissant a pour l'instant subi les critiques de plusieurs membres du gouvernement. Mais la foi dans le progrès pour faire face à la radicalisation violente d'une partie de la jeunesse n'en a pas moins traversé la Manche. Le nombre de caméras automatiques va tripler, les drones survoleront bientôt des banlieues où les policiers s'aventureront en tenue de Robocop. L'ordre sera de plus en plus souvent maintenu à distance, sans nuances, la solution technologique se substituera encore davantage à la réponse sociale. Et la logique de guerre effacera, chaque jour un peu plus, la possibilité du dialogue. >>
(c) Le Monde 2
09:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 16 avril 2008
Crise alimentaire : des solutions existent

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FACE À CE DANGER, LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITÉS, toutes ses responsabilités, dans une totale coopération du Nord et du Sud.
Elle doit se mobiliser autour d'objectifs précis :
- pour résoudre, d'abord, la question de l'urgence : le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies, qui devrait se tenir au plus tôt sur la crise alimentaire mondiale, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la déstabilisation des Etats les plus menacés.
L'Europe et les Etats-Unis ont enfin annoncé le déblocage d'une aide d'urgence au profit du Programme alimentaire mondial. Je ne doute pas que les autres grandes puissances, membres du G8, pays émergents et pays de l'OPEP qui tirent des rentes exceptionnelles de l'augmentation du prix du pétrole, auront à coeur de prendre toute leur part de cet effort immédiat de solidarité ;
- pour résoudre, ensuite, les problèmes structurels : je plaide depuis longtemps pour aller plus loin que les seules mesures d'urgence conjoncturelles. C'est une véritable révolution des modes de pensée et d'action en matière de développement, notamment dans le domaine agricole, qui s'impose.
PARVENIR PARTOUT À L'AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE
L'offre de produits alimentaires au niveau mondial est insuffisante.
Je n'ai jamais cessé de me battre contre le gel de la production en Europe et de promouvoir le développement agricole des pays pauvres.
Il nous faudra, demain, nourrir 9 milliards d'hommes. Tout le monde se rend compte, enfin, que l'humanité a besoin de la production de toutes ses terres agricoles. L'autosuffisance alimentaire est le premier des défis à relever pour les pays en développement. Des outils existent. Nous savons tous ce qu'il faut faire : infrastructures rurales, stockage, irrigation, transport, financement des récoltes, organisation des marchés, microcrédit, etc.
L'agriculture vivrière doit être réhabilitée. Elle doit être encouragée. Elle doit être protégée, n'ayons pas peur des mots, contre une concurrence débridée des produits d'importation qui déstabilisent l'économie de ces pays et découragent les producteurs locaux.
Pour relever ce défi, il est nécessaire d'investir à la fois dans la recherche - pour développer des productions et des variétés adaptées aux nouvelles donnes du changement climatique et de la raréfaction des ressources en eau -, et dans la formation et la diffusion des techniques agricoles. Il faut miser sur les hommes, sur les producteurs locaux, qui doivent percevoir la juste rémunération de leurs efforts. Les échanges doivent obéir à des règles équitables, respectant à la fois le consommateur et le producteur. La libre circulation des produits ne peut pas se faire au détriment des producteurs les plus fragiles.
APPORTER DES FINANCEMENTS INNOVANTS ET STABLES AU DÉVELOPPEMENT
Les besoins d'investissement sont massifs et pour longtemps. Il est vital de maintenir l'effort d'aide publique au développement et de respecter l'objectif de 0,7 % du PIB.
Il est tout aussi vital de dégager des ressources additionnelles par des financements innovants. Que n'ai-je entendu quand j'ai milité, avec mon ami le Président Lula du Brésil, pour l'idée, pourtant évidente, que le financement du développement requiert des ressources pérennes ! La taxe sur les billets d'avion a permis en 2007 de dégager plusieurs centaines de millions d'euros en faveur de l'accès aux médicaments. C'est un succès. D'autres efforts d'imagination devraient permettre de dégager rapidement les ressources nécessaires pour faire face à la crise alimentaire.
Explorons par exemple, comme le suggère le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, dans le cadre de conversations avec les fonds souverains, comment orienter une partie de leurs moyens vers des investissements productifs en Afrique. Le prochain G8 pourrait utilement consacrer une séance de travail à l'examen de cette proposition.
La contribution des financements innovants au développement des pays les plus pauvres sera une des priorités de ma fondation. Ce n'est, certes, qu'un moyen mais ayons conscience que, face au caractère inédit de la crise que nous vivons, la communauté internationale n'a d'autres choix que celui de l'imagination et de la solidarité.
Jacques Chirac est président de la Fondation Chirac.
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jeudi, 03 avril 2008
Bien dit !
<< Proclamer du haut de la chaire ce que doivent faire les professeurs, juger leurs pratiques et dire catégoriquement si elles sont bonnes ou mauvaises, c'est se moquer d'eux. Ils attendent qu'on reconnaisse la difficulté de leur tâche et qu'on respecte le mal qu'ils se donnent. "
Antoine Prost, "La trahison des clercs : encore", Le Monde, 22-VI-2000
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samedi, 27 janvier 2007
Au revoir Georges Frêche !

16:35 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Georges Frêche, exclusion, Parti socialiste


