lundi, 06 octobre 2008
Sommet des membres européens du G8 au Palais de l'Elysée : Déclaration
Sommet des membres européens du G8 au Palais de l'Elysée
1. Dans cette période de crise, nous nous sommes réunis pour débattre de la situation des marchés financiers et des décisions à prendre, sur le plan national comme sur le plan international, pour affronter les défis auxquels nos économies sont confrontées.
2. Ensemble, nous nous engageons à assurer la solidité et la stabilité de notre système bancaire et financier, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif.
3. Nous nous engageons à travailler de manière coopérative et coordonnée au sein de l'Union européenne comme avec nos autres partenaires internationaux.
4. Dans cet esprit, nous nous assurerons que les conséquences, chez nos voisins européens, des décisions prises sur le plan national sont effectivement prises en compte.
5. Nous nous félicitons des mesures prises depuis le début de la crise financière par la Banque Centrale Européenne, la Banque d'Angleterre et les autres banques centrales. La liquidité du système financier sera assurée par tous les acteurs afin de préserver la confiance et et la stabilité.
6. Même si des progrès ont été faits, nous appelons les institutions financières à mettre en oeuvre de manière rigoureuse les recommandations faites par le conseil ECOFIN sur la transparence de leurs engagements et de leurs risques.
7. Dans les circonstances exceptionnelles actuelles, nous soulignons la nécessité pour la Commission de continuer à agir rapidement et de faire preuve de flexibilité dans ses décisions en matière d'aides d'Etat, tout en maintenant les principes du marché unique et du régime des aides d'Etat. L'application du Pacte de
stabilité et de croissance devrait également refléter les circonstances exceptionnelles que nous traversons, en application des règles du Pacte.
8. Il est juste que quand un soutien public est nécessaire aux banques en difficultés, il soit accompagné de mesures assurant la protection des contribuables, la responsabilité des dirigeants, un partage du coût avec les actionnaires et d'une protection des intérêts légitimes des concurrents.
9. Nous nous assurerons que les institutions financières européennes ne sont pas désavantagées vis-à-vis de leurs concurrentes internationales en ce qui concerne les normes comptables et leur interprétation. A ce titre, les institutions financières européennes doivent appliquer les mêmes règles pour reclasser les actifs qu'elles détiennent du Trading book vers le Banking Book. Nous demandons instamment à l'IASB et au FASB de travailler ensemble rapidement compte tenu de leurs dernières déclarations sur ce sujet. Nous nous félicitons également de la disponibilité de la Commission à prendre les mesures appropriées aussi rapidement que possible. Cette question doit être résolue en tout état de cause avant la fin du mois.
10. Il est également important de prendre des mesures d'urgence pour traiter l'impact de la crise financière sur nos économies. Un niveau de financement suffisant doit être assuré à l'économie. A cet égard, nous nous félicitons de la décision de la BEI de mobiliser, comme première réponse, 30 milliards d'euros de concours au profit des PME européennes et nous lui demandons de l'appliquer rapidement. Pour le moyen terme, nous soutenons l'engagement de la BEI de renforcer sa capacité d'intervention sur des projets d'infrastructures. Les conséquences de la crise financière doivent également conduire la BEI à assumer une plus grande part du risque pris par ses partenaires bancaires quand ils prêtent à des PME.
11. Nous sommes déterminés à accélérer la mise en oeuvre des feuilles de route de l'ECOFIN et du G7.
Nous saluons la décision du conseil ECOFIN d'instaurer une surveillance stricte des agences de notation et attendons la proposition de la Commission prévue pour la mi- novembre.
12. Afin d'assurer la cohérence des réglementations nationales, nous appelons à un développement coordonné des règles européennes sur la sécurité des dépôts et approuvons l'intention de la commission de proposer rapidement un texte en la matière. Nous considérons qu'il est prioritaire de renforcer la transparence et la sécurité des opérations sur les marchés de dérivés de crédit (CDS, titres financiers transférant des risques de défaillance).
13. Au-delà de ces mesures, nous devrons oeuvrer au sein de l'Union Européenne et avec nos partenaires internationaux à une réforme réelle et complète du système financier international fondée sur les principes de transparence, de solidité bancaire, de responsabilité, d'intégrité et de gouvernance mondiale. Nous appelons à la tenue d'un Sommet à une date aussi rapprochée que possible.
14. A cette fin, un nouveau cadre de supervision exhaustif sera nécessaire. Tous les acteurs ayant un impact financier seront régulés ou surveillés.
15. Nous examinerons comment la supervision, la réglementation, les normes comptables et les règles prudentielles peuvent être conçues pour absorber les chocs en période de crise et limiter l'emballement des marchés et l'apparition de bulles spéculatives dans les périodes de prospérité.
16. Nous voulons également promouvoir les principes de responsabilité et d'intégrité des cadres dirigeants. En particulier nous appelons les superviseurs à élaborer des codes de bonne conduite pour s'assurer que les systèmes de rémunération ne favorisent pas le court terme et n'encouragent pas les prises de risque excessives. Nous demandons aux superviseurs de prendre en compte cette dimension dans leur appréciation des profils de risque des banques.
17. Nous interviendrons conjointement pour renforcer une gouvernance financière internationale fondée sur la légitimité politique. Elle doit assurer une procédure d'alerte efficace, guider l'élaboration des normes comptables, de meilleures pratiques de réglementation et de surveillance, fixer le cadre de la coopération des régulateurs nationaux et établir les conditions d'une intervention en temps de crise.
18. De la même manière, l'Europe doit s'organiser pour réagir rapidement et de manière coordonnée avec les autres centres financiers. Nous devons encore améliorer notre organisation au sein de l'Union Européenne pour traiter le cas des groupes financiers paneuropéens de manière cohérente avec le protocole sur la stabilité financière de juin 2008, en particulier, la création immédiate d'un collège de superviseurs pour surveiller les institutions financières transfrontalières. De manière à permettre une coordination rapide et efficace avec les autres places financières en période de tension, la création d'une cellule de crise comprenant les superviseurs, les banques centrales et les ministères des finances devrait être envisagée.
19. Nous souhaitons désormais aborder ces principes avec nos partenaires européens et sommes convaincus que leur mise en oeuvre est indispensable pour préserver la confiance et la stabilité du système financier international ainsi que le soutien de nos concitoyens à une économie de marché ouverte. Nos ministres des finances et nous mêmes nous engageons à les promouvoir dans toutes les instances internationales et demandons à nos partenaires d'en faire autant.
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jeudi, 31 juillet 2008
Ce que nous attendons de la Chine : Tribune de Frank-Walter Steinmeier
Dans quelques jours, les Jeux olympiques commenceront. À l'heure des olympiades, le monde entier aura les yeux rivés sur la Chine. Et d'aucuns de s'interroger: quel est ce pays?
Les chiffres ont leur propre langue et dans le cas de la Chine, ils sont tout à fait éloquents. Plus de 100 villes abritent plusieurs millions d'habitants. 1 800 milliards de dollars de réserves en devises. Et au plus tard en 2035, la plus grande économie nationale du monde.
Pas de doute, l'ascension de la Chine change la face du monde. Beaucoup de pays aspirent au même destin: la Russie, l'Inde, le Brésil en font partie, citons aussi les États pétroliers du Golfe, ainsi que le Mexique et l'Afrique du Sud. Et pourtant, quand on parle du monde de demain, tant de choses dépendront de la façon dont la Chine se développera.
Qu'attendons-nous d'un tel pays? Tout d'abord, il faut se rendre compte du développement incroyable que ce pays a connu au cours des dernières décennies. Quiconque a visité la Chine il y a 30 ans peinerait à la reconnaître aujourd'hui. À la place de la monotonie communiste, les horizons de grandes villes étincelantes. À la place du petit livre rouge de Mao, des cafés Internet à tous les coins de rue. À la place des vélos, des millions de voitures de production chinoise.
L'économie a certes enregistré une croissance, mais la Chine affiche désormais aussi une plus grande assurance et la liberté a progressé. Les difficultés aussi se sont multipliées: exode rural, urbanisation précipitée, pollution environnementale, raréfaction de l'énergie, surchauffe économique, problèmes démographiques.
Je pense dès lors que nous devons surtout espérer une chose de la Chine: qu'elle aborde ces questions de manière responsable et qu'elle soit à la hauteur de sa nouvelle responsabilité. Au niveau national, elle doit veiller à ce que la modernisation n'entraîne pas de rejets sociaux, à ce que la croissance économique se fasse dans le respect de l'environnement, à ce que tous les groupes ethniques soient associés à l'essor de cet État multiethnique, à ce que les droits de l'homme et les libertés fondamentales soient respectés et à ce que l'État et la société continuent de s'ouvrir.
La Chine doit également se montrer responsable sur la scène internationale. Elle est d'ores et déjà un acteur mondial. Elle siège au Conseil de sécurité. Elle participe aux négociations dans le conflit nucléaire avec l'Iran. La Chine joue un rôle de premier plan dans son voisinage direct ainsi que dans d'autres régions, comme l'Afrique. Son influence s'étend au-delà du Pacifique. Quiconque a fréquenté une université sur la côte ouest des États-Unis et vu les nombreux étudiants d'origine chinoise sait de quoi je parle.
Notre objectif doit donc être de conférer à la Chine au niveau international la responsabilité qui lui incombe au vu de son poids. Le monde a changé après la fin de la guerre froide. La situation est désormais plus complexe. Le monde cherche un nouvel ordre. Cependant, une chose est sûre tant que cette nouvelle situation dominera: la Chine devra jouer un rôle central.
Que soit pour la protection climatique, la sécurisation de l'approvisionnement énergétique, le règlement de conflits internationaux comme au Proche-Orient ou sur la péninsule coréenne, pour d'autres thèmes cruciaux tels que la non-prolifération des armes atomiques ou le désarmement, il sera presque impossible de trouver des solutions sans la Chine. Nous avons besoin d'un partenariat mondial de responsabilité, avec la Chine.
Je contredirai quiconque dira que c'est là une tâche aisée. Non, le chemin est encore long. Il faut évoquer franchement les déficits, notamment sur la question des droits de l'homme. Une simple allusion à ce thème ne permet pas de boucler le dossier. Il s'agit au contraire de la manière d'obtenir des améliorations concrètes.
J'entends par là qu'on n'y arrivera pas au travers de la confrontation, mais plutôt grâce à la coopération et au dialogue. Et ce, au profit des deux parties, mais surtout en évoquant des questions difficiles. Bien entendu, nous devons parler de la situation au Tibet. Bien entendu, nous avons insisté pour qu'il y ait un entretien direct avec les représentants du Tibet, duquel ressortiraient des résultats concrets. Bien entendu, nous nous attendons à voir des progrès sensibles, et ce, aussi après les Jeux olympiques.
Toutefois, il faut encore et toujours rechercher la coopération. Sans aucun doute dans les questions liées à l'économie, à la protection environnementale, aux technologies de l'énergie respectueuses de l'environnement, à la gestion de la catastrophe provoquée par le tremblement de terre, à l'enseignement ou dans les entretiens sur le rôle de l'État de droit.
Au cours des prochaines semaines, nous vibrerons avec et pour nos athlètes. Je parie que cet événement sportif majeur entraînera une plus grande ouverture de la Chine. Nous avons toutes les raisons de le souhaiter. >>
16:00 Publié dans Initiatives | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, frank-walter steinmeier, jeux olympique, allemagne, diplomatie
vendredi, 25 juillet 2008
Les mutations de la famille allemande : les deux parents travaillent dans 51% des familles ayant des enfants de moins de 15 ans
L'Office fédéral des statistiques a comptabilisé un peu moins de 8,6 millions de familles en Allemagne, soit 9% de moins qu'en 1996. Un peu plus du quart (27%) comprenait au moins un adulte étranger ou devenu allemand par naturalisation. Le couple marié avec enfants (mineurs) reste de loin le modèle dominant. Il représentait encore près des trois quarts (74%) des familles en 2007, malgré la diversification observée depuis 1996. Les familles monoparentales et les partenariats non matrimoniaux avec enfant(s) représentaient en 2007 respectivement 18% et 8% des familles.
De manière générale, le mariage continue de jouer un rôle central dans la construction de la famille allemande. En 2006, sept enfants sur dix sont nés en Allemagne de parents mariés. Et parmi les 30% nés hors mariage, une part significative voit par la suite ses parents convoler en justes noces. Selon les statistiques, le nombre de mariages tend à reculer depuis les années 1990. Mais il unit encore entre 370.000 et 400.000 nouveaux couples par an (sur la période 1996-2006). L'évolution majeure tient à l'âge de plus en plus tardif des unions. Il est passé de 28,5 à 32,6 ans pour les hommes entre 1991 et 2006, et de 26,1 à 29,6 ans pour les femmes.
Autre enseignement majeur : pour les parents, l'enjeu croissant consiste à réussir la conciliation entre travail et vie de famille. Les couples "traditionnels", où seul le père travaille, ne représentent plus que 35% des familles. Un couple sur deux peut désormais compter sur deux salaires à la fin du mois. En revanche, 9% des familles ne voient travailler aucun des deux parents (y compris lorsqu'il s'agit d'un arrêt provisoire pour garde d'enfant) et 5% voient travailler seulement la mère.
Une petite révolution semble, par ailleurs, en passe d'écorner un peu plus la répartition traditionnelle des rôles. Un an et demi après sa création, le salaire parental, qui permet au parent qui s'arrête de travailler de toucher 67% de son ancien salaire pendant douze mois pour s'occuper d'un nouveau-né, est plébiscité... y compris par les pères. Ces derniers sont aujourd'hui quatre fois plus nombreux à faire une pause dans leur activité professionnelle pour garder leurs enfants qu'avant la réforme. Et ce chiffre ne cesse de croître. Entre janvier 2007 et mars 2008, 87.000 pères ont profité du salaire parental, soit 12% de l'ensemble des 720.000 demandes accordées. Toutefois, les pères s'interrompent en général moins longtemps que les mères. 85% des femmes bénéficiaires du salaire parental s'arrêtent de travailler pendant un an, contre seulement un homme sur dix. Les deux tiers des pères privilégient la formule du "Babyzeit", soit une pause de deux mois.
Dernier enseignement : les familles monoparentales et les familles nombreuses sont davantage menacées par la pauvreté que les autres. En 2005, plus d'un quart des familles monoparentales (26%) étaient dans ce cas, contre 11% de la totalité des familles allemandes. Ce chiffre passe même à 42% pour les familles monoparentales avec trois enfants. Dans les familles avec deux adultes, le risque de pauvreté passe de 8% avec un seul enfant à 9% avec deux et 13% avec trois enfants et plus.
La ministre allemande de la Famille, Ursula von der Leyen, s'est félicitée de ces enseignements qui confirment l'orientation de sa politique. "Une politique moderne pour toutes les familles de ce pays doit prendre en considération la mutation des réalités de la vie, et aider les gens à vivre avec leurs enfants les projets de vie qu'ils souhaitent", a-t-elle souligné.
Depuis 2005, le gouvernement allemand a pris des mesures importantes en matière de politique familiale : salaire parental, possibilités accrues de déductions fiscales pour les frais de garde d'enfant, développement des infrastructures de garde pour les très jeunes enfants, programmes d'incitation au développement de conditions de travail plus adaptées à la vie de famille dans les entreprises. A cela s'ajoutera le 1er octobre prochain une réforme des allocations familiales qui bénéficiera à 250.000 enfants de familles pauvres dès l'année prochaine. >>
Ambassade d'Allemagne en France, 25-VII-2008
18:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : famille, allemagne, mutations, mère, épouse, ambassade d'allemagne en france, mariage
mardi, 22 juillet 2008
L'Allemagne, 1945-1955: de la capitulation à la division (2)

14:00 Publié dans Vie universitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, 1945-1955, rfa, rda, réfugiés, après-guerre
lundi, 21 juillet 2008
L'Allemagne, 1945-1955: de la capitulation à la division (1)

14:00 Publié dans Vie universitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, 1945-1955, rfa, rda, réfugiés, après-guerre
jeudi, 29 mai 2008
Le Ministre Allemand de l'Intérieur Wolfgang Schäuble : les relations entre Etat et religions seront un thème majeur au 21ème siècle
"La proximité, la communication agissent contre les préjugés", expliquait-il la semaine dernière dans un entretien accordé au "Frankfurter Allgemeine Zeitung". "Nous devons tout faire pour acquérir une image réaliste. Le meilleur chemin est la connaissance réciproque".
M. Schäuble est l'initiateur en Allemagne de la Conférence allemande sur l'islam, qui permet à l'Etat et aux représentants de la communauté musulmane de dialoguer en vue d'améliorer les conditions de l'intégration.
"Là où les gens vivent ensemble, les radicaux qui veulent les diviser par la confrontation n'auront guère de succès. Nous savons que les paroles xénophobes trouvent surtout un écho là où l'on n'a pas l'expérience de la coexistence avec des personnes d'origine étrangère", explique-t-il.
"L'intégration, donc la coexistence, est la condition de la tolérance et de la tranquillité".
Pour le ministre, l'intégration est toutefois un processus exigeant des efforts dans les deux sens.
"Nous devons donner du temps aux musulmans", déclare-t-il.
"Ce qui ne peut donner lieu à un délai, c'est [le respect de] l'ordre juridique et des valeurs de notre Loi fondamentale. Il y a eu un débat au sein de la Conférence allemande sur l'islam sur l'existence d'un ordre de valeurs supérieur à la Loi fondamentale.
Il ne se limite pas aux seuls articles de la Loi fondamentale, mais il est aussi ouvert à un façonnage par les religions et les gens. Si les musulmans acceptent les paramètres fondamentaux de la Loi fondamentale, ils peuvent participer à la construction de cet ordre. Et pour cela, ils ont besoin de temps".
Pour autant, "la liberté de religion ne dégage personne du respect de l'universalité des droits de l'Homme", rappelle M. Schäuble.
"Là où la Loi fondamentale est acceptée, ce sont les forces de l'islam misant sur la tolérance et la coexistence pacifique qui se renforceront, et non celles qui misent sur un détournement fondamentaliste de la religion qui veut faire des convictions religieuses l'ordre du monde".
Plus généralement, à une époque où la communication est omniprésente et ultrarapide, M. Schäuble note que, "au-delà même de la religion, l'un des grands défis de notre époque [réside en ce qu'] il faut essayer de ne pas se laisser entraîner vers les extrêmes, pas plus que dans un processus d'action-réaction, ou de provocation-contre-provocation".
Le ministre allemand se dit convaincu que "les relations entre l'Etat et les communautés religieuses resteront d'une importance majeure au 21ème siècle".
Au moment où la discussion est menée dans toute l'Europe et à propos de la Turquie, il confesse observer avec attention l'évolution du débat en France.
"En France, la discussion se déroule sur des bases totalement différentes par rapport à l'Allemagne. Il est intéressant que M. Sarkozy soit celui qui ait dit [...] que la République française devait réexaminer son rapport [...] à la laïcité".
M. Schäuble souhaitait aborder ce point très précisément avec le président français lors d'un entretien mercredi dernier.
Pour M. Schäuble, "la controverse concernant le préambule du traité constitutionnel ne peut pas avoir constitué la fin du débat européen sur l'Etat et la religion".
Et le ministre de verser l'expérience allemande comme contribution au débat. "On verra que l'Allemagne, en tant que seul grand pays européen divisé à peu près à parts égales entre deux confessions [catholique et protestante, ndt], a une expérience spécifique à faire valoir.
C'est comme pour notre système fédéral : si nous le faisons sans arrogance, ni prétention, mais avec la modestie suffisante, nous pouvons faire partager cette expérience à d'autres". "On peut toujours tirer des conclusions positives de l'histoire", juge le ministre.
Ambassade d'Allemagne, Extrait de l'interview du Ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, 28-V-2008


