mercredi, 04 juin 2008
Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a appelé lundi les pays producteurs de brut à ouvrir leurs marchés pétroliers aux investissements étrangers
<< Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a appelé lundi les pays producteurs de brut à ouvrir leurs marchés pétroliers aux investissements étrangers, dans un discours prononcé aux Emirats arabes unis, riche pays pétrolier du Golfe. "Sur le front de l'approvisionnement, nous appelons tous les pays producteurs à ouvrir leurs marchés pétroliers aux investissements étrangers, qui pourraient soutenir une croissance plus rapide et plus efficace", a dit M. Paulson.
Le secrétaire américain se trouvait à Abou Dhabi, dernière étape d'une tournée dans la région du Golfe qui l'avait conduit auparavant en Arabie saoudite et au Qatar. Il a ajouté qu'il y avait eu "un triplement des investissements étrangers directs durant les 10 dernières années" dans la région du Golfe, où les investissements directs américains ont augmenté de 120% entre 2001 et 2006. Ceci était "dû en partie à la libéralisation des politiques d'investissement dans le Golfe", a-t-il poursuivi. "Cependant, a-t-il encore dit, les potentialités sont plus grandes et dans plusieurs pays du Golfe, des barrières à l'investissement persistent dans des secteurs clés, comme ceux de l'énergie et de l'immobilier". M. Paulson a estimé qu'il n'y avait "pas de remède simple ou rapide" à l'actuelle flambée des cours du brut et que la région du Golfe, qui assure près de 20% de la production pétrolière mondiale, ne pouvait pas à elle seule réduire les pressions sur le marché pétrolier international. "Les prix élevés du pétrole sont la conséquence de facteurs d'offre et de demande, qui pourraient persister pendant un certain temps (...). La spéculation et la dépréciation du dollar seraient de petits facteurs dans l'envolée des cours du pétrole", a indiqué le secrétaire au Trésor. Pour soulager le marché, il faudrait que l'offre réponde à la demande, une équation qu'il est possible, selon lui, de réaliser en ouvrant les secteurs énergétiques des pays producteurs aux investissements étrangers.
Citant le cas d'Abou Dhabi, qui détient la majeure partie des réserves pétrolières de la fédération des Emirats, il a indiqué que cet émirat "investit massivement dans la production en amont et dans la capacité locale de raffinage par des partenariats avec des firmes étrangères". Les monarchies arabes du Golfe, à l'exception du Koweït, ont ouvert les activités en amont (services) de leurs secteurs du pétrole, du gaz et de la pétrochimie aux investissements étrangers. En revanche, les activités pétrolières en aval (prospection, production) demeurent quasiment fermées aux grandes firmes pétrolières étrangères, ces monarchies préférant des contrats pour une assistance technique à des accords de partage de la production, très recherchés par les compagnies internationales. >>
AFP, 02-VI-2008
samedi, 31 mai 2008
Energie : le point de non-retour est proche, selon Kofi Annan
Le changement climatique, une menace complexe
« L'échelle de nos actions est sans précédent », a jugé l'ancien secrétaire général des Nations Unies et lauréat du prix Nobel, Kofi Annan. Selon ses mots, le changement climatique n'est pas seulement un problème environnemental, c'est aussi une menace complexe pour la paix et la sécurité : « Le réchauffement climatique doit être considéré comme une menace politique au même titre que les conflits, la pauvreté, le terrorisme ou les armes ».
Ne pas agir maintenant serait un désastre économique, a-t-il averti : « l'économie mondiale pourrait diminuant de 20% et cela pourrait mener à une destruction économique et sociale comparable aux deux guerres mondiales ». Le point de non-retour est donc proche ? Oui, selon Kofi Annan. Si nous continuons de consommer l'énergie comme nous le faisons aujourd'hui, nous aurons besoin de 50% en plus pour 2020. « J'espère que nous n'en n'arriverons pas là », a-t-il ajouté.
Un peu d'espoir tout de même
Bonne nouvelle : il est encore possible d'agir ! Kofi Annan a rappelé l'importance d'une meilleure utilisation des combustibles fossiles, de rendre disponible et à des prix concurrentiels les énergies renouvelables. « Personne n'a le droit de dire qu'il est inutile d'agir », a-t-il lancé, « car cela nous coûte moins cher de diminuer maintenant les émissions que de devoir résoudre les problèmes ensuite ».
Rappelant que des émissions réduites ne signifiaient pas une croissance basse, il a appelé à la responsabilité de chacun : « Il ne s'agit pas des politiciens ou de comportement social, mais il s'agit de nous changer, nous-mêmes, rapidement. Les individus comme les entreprises doivent changer de comportement ».
Une Glasnost en faveur de l'environnement
C'est ensuite l'ancien dirigeant de l'URSS, Mikhail Gorbachev, qui a pris la parole pour expliquer le pourquoi de son engagement. Jeune homme, a-t-il raconté, il travaillait dans les steppes et les terres, même fertiles, souffraient de la sécheresse et de tempêtes de poussière qui effaçaient toutes les récoltes.
Plus tard, de son poste de ministre soviétique de l'agriculture, Mikhail Gorbatchev a pu réaliser l'ampleur des dégâts environnementaux causés, qui pourtant étaient cachés à la population. Le désormais président de Green Cross International et de la Fondation Gorbachev a conclu en appelant à une Glasnost environnementale, en référence à celle qu'il a initiée en URSS : « Une Glasnost implique de la transparence et une mobilisation des gouvernements et des peuples ».
Parce que nous vivons dans un monde globalisé, Mikhail Gorbatchev a appelé à la coopération, en particulier envers les pays en voie de développement : « Si nous agissons envers eux comme d'autres nations ont agi face à la Russie pendant la perestroïka, ce sera une catastrophe », a expliqué l'ancien dirigeant russe, qui considère que son pays a été abandonné par l'Europe occidentale à l'époque de la perestroïka.
La responsabilité de chacun : économiser l'énergie
Angelika Niebler, la présidente de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'energie (ITRE) et organisatrice de cette conférence, a évoqué le plan énergie de l'Union européenne pour l'année 2020. « Nous voulons nous assurer qu'il n'y aura aucun perdant. Pour cela, nous devons investir massivement dans les technologies innovantes ». Une politique de transports et des produits moins gourmands en énergie seraient efficaces, a-t-elle ajouté, avant d'appeler les pays en dehors de l'Europe à s'engager : « l'Europe ne peut pas le faire seule ».
Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering a conclu la conférence : « Beaucoup de nos efforts se concentrent sur la diminution de CO2 et sur les énergies renouvelables, mais nous oublions de nous concentrer sur ce qui nous est le plus accessible : économiser l'énergie. C'est pourtant la manière la plus efficace et la plus facile de réduire nos émissions de gaz à effet de serre ». >>
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