vendredi, 01 août 2008

Restructurations de la défense : la solidarité nationale devra s'exercer pleinement au profit des territoires touchés

<< Le Premier Ministre, le ministre de la Défense et le secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire ont présenté le 24 juillet le plan d'accompagnement des territoires dans le cadre de la réorganisation des armées.

Dès l'annonce de la réforme de la carte militaire, l'AMF s'est fortement mobilisée pour alerter le gouvernement sur les très lourdes conséquences d'un tel projet pour les communes et territoires concernés afin d'obtenir des aides significatives et adaptées.

L'AMF prend acte de la volonté du gouvernement d'accompagner les territoires touchés en mettant en oeuvre plusieurs dispositifs de soutien et demande que ces mesures trouvent pleinement leur traduction dans la prochaine loi de Finances.

Aux côtés des élus, l'AMF insiste pour que les territoires les plus fragiles ne subissent pas, à l'avenir, la réorganisation d'autres services de l'Etat dont les conséquences seraient particulièrement dommageables. Elle sera particulièrement attentive à ce que ce plan d'accompagnement des territoires produise rapidement les effets escomptés.

Confiante dans la capacité des élus locaux à innover et à porter des projets dynamiques, l'AMF veillera à ce que la solidarité nationale s'exerce sans faille auprès des communes et territoires les plus touchés par cette réorganisation. >>

AMF - Association des Maires de France, 01-VIII-2008 

mardi, 08 juillet 2008

Ecouter les élus locaux

<< La première mission de la défense nationale n'est pas l'aménagement du territoire, comme l'ont rappelé le président de la République et le ministre de la défense. L'Etat peut-il pour autant s'exonérer de toute responsabilité dans l'avenir des collectivités locales, à qui la restructuration des armées va faire perdre une garnison, un régiment et, par voie de conséquence, une école ? A l'évidence, non.

Si le concept de solidarité nationale a un sens, celle-ci doit s'exercer envers les régions de l'Est, hier victimes des restructurations industrielles et menacées, maintenant, par la révision de la carte militaire. Mais la solidarité est nécessaire aussi pour les villes qui ont perdu des tribunaux, quelquefois des administrations, et qui peuvent être concernées par les fermetures d'hôpitaux.

Le rôle de l'Etat et de son chef n'est pas de mener à bien l'assainissement des finances publiques en s'en prenant tour à tour, tel un Père Fouettard, à chaque catégorie concernée - l'armée, les élus, etc. -, mais d'amortir des chocs inévitables. Ce n'est pas non plus de laisser la voie libre à des processus de désertification économique et démographique. Il appartient, au contraire, aux pouvoirs publics d'accompagner le mouvement de reconquête du territoire qui s'amorce depuis plusieurs années.

Rendue possible par les progrès accomplis dans la mobilité et la communication - virtuelle ou réelle, informatique ou ferroviaire -, cette tendance est encouragée par les effets pervers de l'hyperconcentration urbaine. Pour des régions entières, pour des villes petites ou moyennes, l'arrivée de nouveaux habitants, quittant les grandes agglomérations, est une nouvelle chance. Encore faut-il que les ménages et les entreprises y trouvent services et infrastructures. Les maires ne peuvent donc pas rester sans réagir face aux fermetures de services publics qui frappent certaines villes : après le Trésor, le tribunal, puis la caserne, sans oublier, parfois, les transports en commun locaux.

Alors que le gouvernement lance contre les collectivités une véritable campagne de dénigrement, en les accusant en bloc d'être trop dépensières, M. Sarkozy semble vouloir faire peser sur les élus locaux - dont il n'échappe à personne que beaucoup sont de gauche - la charge de sa politique de rigueur. C'est injuste et dangereux pour l'activité économique comme pour la cohésion sociale. >>

Le Monde, Editorial, 06-VII-2008