jeudi, 21 août 2008
Vingt-deux nouvelles centrales de production d'électricité et de chaleur alimentées par de la biomasse vont voir le jour
<< Sur les 56 projets déposés, le choix a notamment porté sur la qualité du plan d'approvisionnement. Diverses ressources seront utilisées mais la biomasse ligneuse (rémanents et plaquettes forestières, résidus et sous-produits de l'industrie papetière, écorce, bois divers...) constitue la part la plus importante suivie par la paille, le marc de raisin ou encore les cultures énergétiques. Certaines centrales seront également alimentées au biogaz.
Ces projets ont pour but de favoriser une meilleure mobilisation et valorisation de la ressource forestière en France. Certaines précautions sont cependant à prendre pour conserver une gestion durable des forêts, limiter les conflits d'usages et s'assurer d'une efficacité énergétique pertinente. Ces projets industriels vont immanquablement générer un marché mondial de la biomasse bois qui conduira à une hausse des émissions de CO2. FNE craint notamment un développement anarchique des taillis intensifs à courte rotation et un prélèvement accru de biomasse qui appauvrit les sols forestiers. Si le bois est une alternative envisageable comme source d'énergie, il ne saurait apporter les bénéfices attendus que dans des démarches de proximité entre la ressource et les utilisateurs. Cela implique donc de petites unités de production de chaleur. >>
FNE - France Nature Environnement, 21-VIII-2008
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samedi, 31 mai 2008
Energie : le point de non-retour est proche, selon Kofi Annan
Le changement climatique, une menace complexe
« L'échelle de nos actions est sans précédent », a jugé l'ancien secrétaire général des Nations Unies et lauréat du prix Nobel, Kofi Annan. Selon ses mots, le changement climatique n'est pas seulement un problème environnemental, c'est aussi une menace complexe pour la paix et la sécurité : « Le réchauffement climatique doit être considéré comme une menace politique au même titre que les conflits, la pauvreté, le terrorisme ou les armes ».
Ne pas agir maintenant serait un désastre économique, a-t-il averti : « l'économie mondiale pourrait diminuant de 20% et cela pourrait mener à une destruction économique et sociale comparable aux deux guerres mondiales ». Le point de non-retour est donc proche ? Oui, selon Kofi Annan. Si nous continuons de consommer l'énergie comme nous le faisons aujourd'hui, nous aurons besoin de 50% en plus pour 2020. « J'espère que nous n'en n'arriverons pas là », a-t-il ajouté.
Un peu d'espoir tout de même
Bonne nouvelle : il est encore possible d'agir ! Kofi Annan a rappelé l'importance d'une meilleure utilisation des combustibles fossiles, de rendre disponible et à des prix concurrentiels les énergies renouvelables. « Personne n'a le droit de dire qu'il est inutile d'agir », a-t-il lancé, « car cela nous coûte moins cher de diminuer maintenant les émissions que de devoir résoudre les problèmes ensuite ».
Rappelant que des émissions réduites ne signifiaient pas une croissance basse, il a appelé à la responsabilité de chacun : « Il ne s'agit pas des politiciens ou de comportement social, mais il s'agit de nous changer, nous-mêmes, rapidement. Les individus comme les entreprises doivent changer de comportement ».
Une Glasnost en faveur de l'environnement
C'est ensuite l'ancien dirigeant de l'URSS, Mikhail Gorbachev, qui a pris la parole pour expliquer le pourquoi de son engagement. Jeune homme, a-t-il raconté, il travaillait dans les steppes et les terres, même fertiles, souffraient de la sécheresse et de tempêtes de poussière qui effaçaient toutes les récoltes.
Plus tard, de son poste de ministre soviétique de l'agriculture, Mikhail Gorbatchev a pu réaliser l'ampleur des dégâts environnementaux causés, qui pourtant étaient cachés à la population. Le désormais président de Green Cross International et de la Fondation Gorbachev a conclu en appelant à une Glasnost environnementale, en référence à celle qu'il a initiée en URSS : « Une Glasnost implique de la transparence et une mobilisation des gouvernements et des peuples ».
Parce que nous vivons dans un monde globalisé, Mikhail Gorbatchev a appelé à la coopération, en particulier envers les pays en voie de développement : « Si nous agissons envers eux comme d'autres nations ont agi face à la Russie pendant la perestroïka, ce sera une catastrophe », a expliqué l'ancien dirigeant russe, qui considère que son pays a été abandonné par l'Europe occidentale à l'époque de la perestroïka.
La responsabilité de chacun : économiser l'énergie
Angelika Niebler, la présidente de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'energie (ITRE) et organisatrice de cette conférence, a évoqué le plan énergie de l'Union européenne pour l'année 2020. « Nous voulons nous assurer qu'il n'y aura aucun perdant. Pour cela, nous devons investir massivement dans les technologies innovantes ». Une politique de transports et des produits moins gourmands en énergie seraient efficaces, a-t-elle ajouté, avant d'appeler les pays en dehors de l'Europe à s'engager : « l'Europe ne peut pas le faire seule ».
Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering a conclu la conférence : « Beaucoup de nos efforts se concentrent sur la diminution de CO2 et sur les énergies renouvelables, mais nous oublions de nous concentrer sur ce qui nous est le plus accessible : économiser l'énergie. C'est pourtant la manière la plus efficace et la plus facile de réduire nos émissions de gaz à effet de serre ». >>
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